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Attentats de Bruxelles : le témoignage glaçant d’un décathlonien rescapé

L'athlète lillois Gaël Quérin

L'athlète lillois Gaël Quérin - AFP

International français de décathlon, Gaël Quérin allait prendre ce mardi matin l’avion à Bruxelles pour un stage aux Etats-Unis, quand une première explosion a retenti. A trois minutes près, il était dans le hall éventré par une bombe, lui qui stationnait à ce moment-là son véhicule. Avant qu’une seconde déflagration ne lui fasse prendre conscience du drame qui se joue sous ses yeux.

Gaël, racontez-nous ce que vous avez vécu ce matin à l’aéroport de Bruxelles ?

Je sors de la voiture, je mets mon sac à dos et c’est à ce moment que j’entends la première déflagration à 15-20 mètres de la voiture. On voit toutes les vitres d’une partie de l’aéroport tomber. On n’entend pas tout. On ne se dit pas que c’est un attentat, on ne se dit pas que c’est une bombe. On s’est tous regardé et 10 secondes après, on entend l’autre détonation à l’entrée du hall. C’est le moment de peur. Je me suis réfugié dans la voiture et on voyait tout le monde qui courait.

A quel moment avez-vous vraiment pris peur ?

J’ai eu très peur quand j’étais dans la voiture. J’ai eu peur qu’il y ait une bombe à côté de nous, qu’il y ait une déflagration ou un kamikaze qui va arriver à côté de la voiture ou se faire exploser à côté de nous. J’avais vraiment peur, c’était vraiment la panique à ce moment-là. J’ai appelé toute ma famille pour leur dire que j’allais bien mais j’avais vraiment peur, oui. Les secours ont commencé à arriver 5-10 minutes après la déflagration et les policiers ont commencé à faire la circulation pour nous laisser partir. Franchement, une fois que je suis passé devant le hall et j’ai vu que j’étais en sécurité, je me suis effondré. J’ai pensé à ma famille. Je serais arrivé trois minutes plus tôt, j’étais dans le hall…

Etes-vous encore sous le choc ? 

Tout à l’heure, j’ai eu un petit moment de panique parce qu’une fois que l’on est parti de l’aéroport, on s’est garé à une station essence. Tout le monde arrivait en marchant sur la station essence, toutes les voitures arrivaient là. Et j’ai eu un moment de panique. Je me suis dit, ça va recommencer, y a trop de monde. Si ça se trouve, il y a encore quelqu’un qui a quelque chose. J’ai eu un moment de panique. J’ai dit à mon chauffeur : « faut qu’on parte, j’ai trop peur », donc on est parti. Peut-être, enfin je ne sais pas, que je vais avoir un traumatisme. Enfin, j’espère pas. Je vais essayer d’effacer ça assez vite.

C.Gelpi