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Baala-Mekhissi, la honte

Mahiedine Mekhissi-Benabbad

Mahiedine Mekhissi-Benabbad - -

Les deux Français se sont violemment battus ce vendredi sur la piste du stade Louis-II, à Monaco. Des coups de tête et de poings ont été échangés lors d’une scène inimaginable qui porte préjudice à l’image de l’athlétisme tricolore. La Fédération va réagir.

Une bataille de rue, en Principauté. Deux athlètes qui troqueraient presque leurs pointes pour des gants de boxe. Un coup de tête part. Des coups de poings pleuvent. Certains font mouche. Au meeting de Monaco, vendredi soir, il n’y avait pas de ring. La scène, improvisée, était celle du stade Louis-II et sa piste d’athlétisme. A la fin du 1 500m, Mehdi Baala et Mahiedine Mekhissi-Benabbad règlent leurs comptes. Ils se muent en boxeurs et font honte aux membres de la délégation tricolore, en ordre dispersé puisque c’est un rendez-vous individuel, à un mois des championnats du monde de Daegu (Corée du Sud).

Apparemment, c’est simplement parce que l’un n’a pas dit bonjour à l’autre que les choses ont dégénéré… « Il pensait que je ne lui avais pas serré la main », explique Mahiedine Mekhissi-Benabbad. Le médaillé d’argent du 3 000m steeple aux JO 2008 et champion d’Europe 2010 a donc ensuite répondu au coup de tête (voir par ailleurs) du double champion d’Europe du 1 500m (2002, 2006) et vice-champion du monde 2003. « Je suis quelqu’un d’impulsif, reconnaît Mahiedine Mekhissi-Benabbad. Je me suis approché pour discuter, il a pensé que j’allais le frapper. Il m’a mis un petit coup de tête. J’ai répliqué, c’est normal (sic). »

Mekhissi : « J’ai répliqué, c’est normal »

En tribunes, Ghani Yalouz, comme les spectateurs, n’a pas saisi. « Je ne suis pas content, lâche le Directeur Technique National. On va calmer les choses. C’est passé à la télé et ça ne donne pas une image positive. En ce qui concerne les sanctions, je ne sais pas. Ils se sont surtout fait du mal à eux. » L’altercation ne s’est pas limitée à la piste. Elle a continué en coulisses, dans les vestiaires du stade Louis-II. Des volontaires, membres de l’organisation du meeting, ont dû ceinturer les deux protagonistes, qui s’insultaient alors en arabe. « Il ne faut pas oublier que Mehdi est un habitué de ce genre de choses, ajoute le spécialiste du 3 00m steeple. Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps, il a fait un doigt d’honneur à ces adversaires à l’arrivée des championnats de France. C’était un petit rappel. » Dont tout le monde se serait à l’évidence bien passé.