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Bolt, la reconquête solitaire

Usain Bolt

Usain Bolt - -

Deux ans après son faux départ à Daegu, Usain Bolt a l’occasion d’oublier ce souvenir et de reprendre le titre mondial du 100m ce dimanche soir (finale à 19h50) à Moscou. Un défi encore facilité par l’absence de plusieurs rivaux.

Dans le ciel, la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit. Mais sur la piste, « la Foudre » est du genre à s’écraser trois fois sur le même coin de tartan. 100m. 200m. 4x100m. Homme le plus rapide du monde, astre médiatico-populaire le plus brillant de la planète athlé, Usain Bolt s’est fait une spécialité de ce triple orage du sprint. Trois courses, trois titres. Une performance réalisée par l’autoproclamée « légende » aux Jeux de Pékin (2008) et de Londres (2012) mais aussi aux Mondiaux de Berlin (2009). Et au milieu de ce ciel sportif radieux, le coup de tonnerre de Daegu. Championnats du monde 2011, finale du 100m. Mis sous pression par son compatriote Yohan Blake, futur champion, Bolt grille la politesse au starter. Elimination. La caméra s’attarde sur son sourire, mi-narquois, mi-incrédule. Détresse en mondovision.

Bien sûr, le mangeur de nuggets s’est vite rattrapé. Deux titres à Daegu, tout de même, et le triplé magique de Londres. Mais à l’heure d’une nouvelle finale planétaire de la ligne droite, ce dimanche soir (demi-finales à partir de 17h05, finale à 19h50) à Moscou, la question s’impose : Usain, 26 ans, facile vainqueur de sa série en 10''07 ce samedi, va-t-il nimber l’approche de l’événement de la peur de reproduire ce souvenir, son seul mauvais en grand championnat depuis son avènement au sommet en 2008 ? « Je ne suis vraiment pas inquiet, répond l’intéressé, qui a assuré aller bien après avoir été vu avec un sparadrap sur le mollet à l’entraînement cette semaine. C’est du passé. Je suis de retour pour reprendre mon titre et je suis encore plus concentré que la dernière fois donc je vais le faire. Mon esprit est tourné deux choses : courir vite et gagner des titres. » La confiance en bandoulière, toujours, caractéristique qui a fait du doué Usain le roi Bolt : « Je suis venu prouver au monde que je suis toujours un champion ».

« Gagner même lorsqu'il n'y a personne »

Et comme si le ciel voulait aider « la Foudre », l’horizon de son nouveau défi s’est dégagé tout seul. Blake ? Blessé et absent. Tyson Gay et Asafa Powell ? Dopés et absents (le second n'était de toute façon pas qualifié en individuel sur 100 m). Des rivaux désignés réduits comme peau de chagrin. Les rescapés ? L’Américain Justin Gatlin, champion olympique 2004, suspendu de 2006 à 2010 pour dopage et revenu sur les podiums aux Jeux de Londres avec une médaille de bronze, qui a battu Bolt à Rome début juin. Le Jamaïquain Nesta Carter, chronométré cette année à deux centièmes de la meilleure performance mondiale de la saison signée Bolt (9’’85). Ou encore le Britannique James Dasaolu (9’’91). Sans lui faire injure, on n’imagine pas Jimmy Vicaut (9’’95 cette année) venir titiller l’icône pour l’or. Sans parler d’un Christophe Lemaitre loin de la grande forme.

Bref, Bolt devrait connaître une ligne droite royale vers le titre sans même avoir à approcher son incroyable record du monde (9’’58). Seul au monde, l’ami Usain. Et ça ne le dérange pas. « J’ai envie de montrer que même lorsqu’il n’y a personne (sic), je peux rester concentré et gagner. » Il sera temps, ensuite, de penser 200 puis 4x100m. De matérialiser un nouveau triplé qui le placerait sur un matelas total de 10 médailles mondiales dont 8 titres. Pour mémoire, Carl Lewis a terminé sa carrière sur le même score : 10 breloques planétaires dont 8 sacres. Et quand il s’agit de regarder les mythes du passé dans les yeux, « la Foudre » sait frapper plusieurs fois. A Moscou comme ailleurs.

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Alexandre Herbinet