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Lavillenie, l’or pour seul horizon

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie - -

Champion olympique, Renaud Lavillenie s’avance en immense favori de la finale de la perche des Mondiaux de Moscou, ce lundi (17h). L’occasion de décrocher le seul titre en plein air qui lui manque. Et de titiller le record de Bubka ?
Renaud Lavillenie
Renaud Lavillenie © -

Là-haut, tout là-haut, le garçon regarde le ciel sans rival. Seul à planer à des hauteurs inatteignables pour la concurrence. Champion olympique, double champion d’Europe (triple en indoor), auteur cette saison de 6,02m à Londres, record de France en plein air et meilleure performance mondiale de l’année à la clé. Renaud Lavillenie est bien le souverain du royaume du saut à la perche. Et depuis plusieurs saisons déjà. A 26 ans, le leader sportif de l’athlé tricolore domine sa discipline. Mais garde des objectifs. Un deuxième titre olympique, dans trois ans à Rio. Les deux records du monde de la légende vivante Bubka, peut-être un jour. Mais avant tout, le titre mondial.

Cet or planétaire qui lui a échappé à deux reprises, en 2009 et 2011, pour deux médailles de bronze au goût amer, surtout la dernière après être arrivé en ultra-favori à Daegu. Un mauvais souvenir par lequel il fallait peut-être passer. « A Daegu, je n’ai pas été mauvais mais je n’ai pas été bon non plus, se souvient l’intéressé. Les petites erreurs se paient cash. Mes saisons 2012 et 2013, je les dois à ces Mondiaux parce qu’ils m’ont fait prendre conscience de beaucoup de choses dans le comportement, la façon d’appréhender les compétitions ou la gestion des concurrents. Si je me retrouve en difficulté, j’ai l’avantage de pouvoir penser à ça en me disant : ‘‘Ne fais pas comme ça’’. Mais je peux aussi penser aux Jeux de Londres pour me dire : ‘‘Par contre, tu peux faire comme ça, ça marche ’’. »

« Je n'ai jamais été aussi régulier à un tel niveau »

Une breloque dorée à Moscou validerait aussi son choix, pas toujours compris, de changer d’entraîneur après les JO. « Ça ne fait qu’un an qu’on travaille ensemble mais l’objectif, c’est de faire des bons championnats du monde, rappelle son coach, Philippe d’Encausse. Dans son cas, c’est de gagner. C’est ce à quoi on pense tous les matins depuis octobre. » Pour l’aider dans sa quête, Renaud Lavillenie peut s’appuyer sur son talent et sa forme du moment. « Je n’ai jamais été aussi régulier à un tel niveau, annonce le champion du monde en salle 2012. Franchir 6,02m lors de ma dernière compétition de préparation a validé tout ce que j’ai pu faire avant. Il n’y a plus qu’à être sur le stade et à se faire plaisir. Je suis optimiste. »

Il pourra également compter sur l’appui de son petit frère perchiste, Valentin, 22 ans, lui aussi qualifié pour la finale de ces Mondiaux de Moscou. « Sur le stade, on a des petits moments de complicité, des regards, raconte Valentin. Par exemple, c’est moi qui lui donne le vent ! Ce n’est rien mais j’ai l’impression de participer à son concours. Il est prêt comme jamais et c’est un homme de championnats. J’espère qu’il va décrocher sa première étoile dorée. » L’or comme seul horizon. Et ce record, alors ? Ces 6,15m du « tsar » qui ne paraissent plus si chimériques à voir sauter l’explosif Lavillenie ? « Un garçon comme Renaud, passionné de perche, bien sûr qu’il pense au record du monde, répond d’Encausse. Il l’a vu des millions de fois en vidéo. Oui, il a dans les jambes. Maintenant, quand ça arrivera, on ne se sait pas ! » Et le champion olympique d’appuyer : « J’y pense sans y penser. Chaque chose en son temps. Là, je suis plus tourné vers le titre à aller chercher. » Et si l’or le transcendait à voler au-delà des 6,15m ? Tout là-haut. Là où Renaud regarde le ciel sans rival.

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Alexandre Herbinet avec N.P. et P.Ta. et F.-X.C.