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Lemaitre : « L’objectif, c’est une médaille aux Mondiaux »

Christophe Lemaitre

Christophe Lemaitre - -

Après une année 2012 où il a alterné le bon et le moins bon, avec un titre de champion d’Europe sur 200m mais une décevante 6e place sur cette distance aux JO, Christophe Lemaitre attaque cette nouvelle année avec ambition.

Christophe, vous êtes sur le circuit depuis un moment mais vous n’avez que 22 ans. Vous avez couru très vite, très jeune. Votre statut de phénomène vous a-t-il handicapé pour éclore au plus haut niveau ?

Pas du tout. Je n’ai jamais ressenti cette pression-là. J’ai toujours essayé de garder mon côté détaché, de me concentrer sur le sprint, sur mes objectifs, sans me prendre la tête avec ça.

Justement, quels sont vos objectifs cette saison ?

Faire une médaille aux Mondiaux à Moscou, comme j’avais pu le faire à au Japon (médaille de bronze sur 200m en 2011, à Daegu, ndlr). Et pourquoi pas faire une perf avec le relais 4x100 m (médaillé d’argent en 2011).

Et au niveau chronométrique ?

Je ne me suis rien fixé à ce niveau-là. C’est vraiment la médaille mondiale qui prime. Après, s’il y a un record de France à la clé (qu’il détient en 9’’92), ce sera du bonus. Mais s’il doit tomber, ce sera uniquement dans les grandes courses comme les Championnats du monde.

Vous aviez fait l’impasse sur le 100m des JO de Londres. Sur quelle distance vous alignerez-vous à Moscou ?

Pas d‘impasse cette fois. Je courrai sur 100m, 200m et 4x100m.

Après la contre-performance de Londres (6e place sur 200m), il a été question d’un changement de structure en ce qui vous concerne. Qu’en est-il ?

C’est vrai qu’après les Jeux, on a eu une réunion avec mon coach, mon entourage et le club pour déterminer ce qu’il fallait changer, ce qu’il fallait garder, le bon, le moins bon. Mais ce n’est pas parce que j’ai fait une mauvaise perf que j’allais changer de structure. Ça arrive à tout le monde, le tout c’est de savoir pourquoi. Mon coach me connaît depuis mes débuts, et je me sens bien à l’entraînement avec lui, donc il n’y avait pas de raison de tout bouleverser.

Il est tout de même question de petites modifications dans votre préparation…

La principale modification, c’est de faire plus d’entraînements. Parfois deux séances par jour. J’ai commencé en septembre, puis j’ai dû arrêter à cause d’une blessure, et là je vais reprendre cette méthode. Sinon, c’est d’être plus rigoureux en général.

Votre profil est-un peu différent de celui des autres sprinters, plus musculeux. Allez-vous travailler davantage de ce côté-là ?

C’est vrai que quand je vois les autres, ça me fait même rire quand je me compare. Ils ont des muscles incroyables. Moi, je suis beaucoup plus fin, mais ça ne m’a jamais empêché de courir vite. Heureusement. Peut-être que si je prends un peu, je serai plus explosif au départ et j’aurai une meilleure mise en action, mais est-ce que ça me fera courir plus vite pendant toute la course, je ne sais pas…

Usain Bolt a affirmé qu’il pouvait descendre sous les 19 secondes sur 200m. Cela vous semble-t-il réaliste ?

Quand il a battu le record du monde en 19’’19, personne ne s’y attendait. C’est déjà un chrono incroyable. Mais s’il le dit, c’est qu’il a dû faire des choses à l’entraînement lui indiquant qu’il peut y arriver. Je ne pense pas qu’il dise ça pour faire parler de lui. Vu ce qu’il a fait par le passé, c’est possible qu’il les fasse.

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