RMC Sport

Les Bleus trustent l’or

Myriam Soumaré

Myriam Soumaré - -

On attendait Renaud Lavillenie. Il n’a pas manqué le rendez-vous en remportant le concours de la perche. En revanche, Myriam Soumaré, sur 200 mètres, a créé une divine surprise en s’imposant au terme d’une course de très haut niveau. La France a empoché, ce samedi soir, ses cinquième et sixième médailles d’or.

On pensait avoir fait le plein d’émotions vendredi, avec le fabuleux 200 mètres de Christophe Lemaitre, synonyme de doublé. Mais franchement, l’exploit de Myriam Soumaré sur 200 mètres et la médaille d’or de Renaud Lavillenie à la perche ont hissé d’un cran des championnats d’Europe d’ores et déjà historiques pour le clan français. Les deux héros portent à douze le nombre de médailles remportées par les Bleus au cours de ces championnats d’Europe.
Renaud Lavillenie était attendu. D’abord nerveux et renfermé, le petit Français est parvenu à éclore, pour finalement se poser sur le toit de l’Europe. Le perchiste est pourtant arrivé à Barcelone invaincu (9 victoires), mais surtout avec l'étiquette de l’hyper-favori sur les épaules. Nombreux sont ceux qui ont courbé l’échines sous le poids de l’enjeu. Pas lui, le médaillé de bronze des Mondiaux 2009. Il est devenu le premier Français a décrocher la médaille d’or européenne à la perche grâce à un saut à 5,85 mètres. « Je l’ai fait, se réjouit le Français. Ce n’était pas gagné. Favori, on peut passer à la trappe. Cette année, j’ai assuré. J’avais une belle marge par rapport aux autres. C’était dur, mais c’est une satisfaction. »
Dans ce flot d’euphorie, on oublierait presque les petites déceptions Romain Mesnil et Damiel Dossevi –qui s’ajoutent à l’abandon d’Antoinette Nana Djimou à l’héptatlon- qui n’ont pu se mettre au diapason. Mais ne boudons pas notre plaisir. Le bilan est déjà éclatant, scintillant comme six médailles d’or inédites dans l’histoire tricolore, qui brillent, et figurent désormais au palmarès de l’athlétisme tricolore. Décidément, cette équipe de France est belle : elle sourit, gagne, avec ce supplément de panache qui ajoute au succès une dimension magnifique.

Le huitième couloir du bonheur

La belle Myriam Soumaré symbolise cette certaine idée du sport français. Elle avait ouvert le joli bal de la journée. Les mots manquent pour décrire l’une des plus belles performances de l’athlétisme français de ces dernières années. La nouvelle reine du sprint tricolore a stupéfié son monde, y compris son entraîneur Olivier Darnal, qui avait bien du mal à trouver ses mots dans la zone mixte : « Elle m’a épaté par le chrono (22’32). Je m’attendais à un chrono autour de 22’50. C’est de la performance de haut niveau ! »
Avouons-le, on ne l’attendait pas. Sa médaille de bronze lors du 100 mètres était déjà appréciable. On craignait surtout les Russes. On espérait une nouvelle performance de la vice-championne d’Europe, Véronique Mang. Mais cette dernière s’est fait prendre au faux-départ. Eliminée, Mang a pu voir sa compatriote, cette jeune puéricultrice de 24 ans, créer la surprise, au huitième couloir, le pire, en emballant la course.
En franchissant la ligne, elle n’y croit pas. Les mains sur le visage, incrédule, elle mesure petit à petit l’exploit : le quatrième chrono de l’histoire derrière de grandes dames de l’athlétisme tricolore, Marie-José Pérec, Christine Arron et Muriel Hurtis. « Il s’est passé que je suis partie à fond. Je devais tout donner dès le début car je savais que les Russes avaient une belle accélération en ligne droite. A la sortie de la ligne droite, je me suis sentie fraîche. Je me suis dit "Ah !". Et je suis partie à fond. » Au bout des 100 derniers mètres, le bonheur. Mais on n’est pas au bout de nos peines. Les relais 4x100 et 4x400, hommes et femmes confondus, se sont qualifiés pour la finale. D’autres médailles sont sans doute à venir.

PB