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Martinot-Lagarde : « Je ne vois pas qui peut me battre »

Pascal Martinot-Lagarde

Pascal Martinot-Lagarde - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Meilleur performeur mondial de l’année sur 60 m haies avec 7’’45, Pascal Martinot-Lagarde visera l’or ce week-end aux Mondiaux en salle de Sopot (Pologne), qui débutent ce vendredi. Avec un œil sur le record de France de Ladji Doucouré.

Pascal, vous marchez sur les traces de Ladji Doucouré. Pensez-vous pouvoir faire mieux que lui ?

Pour l’instant, c’est encore un peu dur. Il a mis la barre assez haut. En salle, son record de France est de 7’’42. J’ai réussi à faire 7’’45 donc ça ne se joue plus qu’à un petit cheveu et je vais me battre pour réaliser ce record.

Peut-il tomber ce week-end lors des Mondiaux à Sopot ?

S’il y a une grosse bagarre, oui. On l’attendait aux Championnats de France avec Garfield Darien, Ladji Doucouré et moi. Finalement, il y a eu des blessures par-ci par-là et je me suis retrouvé à me battre contre le chronomètre.

A 22 ans, avant des Mondiaux pour lesquels on est favori, on ne rêve qu'à l'or ?

En ce moment, oui, on ne rêve que ça. J’étais tout bébé lors de mes premiers Championnats du monde en salle, il y a deux ans, où j’ai pris une médaille de bronze. Là, j’arrive avec plus de confiance en moi. J’ai réalisé des choses qui permettent de rêver à la médaille d’or et je ne fais que ça.

Quels sont vos modèles dans votre discipline et dans le sport en général ?

Dans le 110 mètres haies, Ladji Doucouré m’a énormément fait rêver. Mais quand on met les pointes aux pieds et qu’on se retrouve sur la même ligne de départ que lui, ce n’est plus un modèle, ça devient un adversaire. Après, dans le sport en général, il y a des champions incontestables, des Teddy Riner, Tony Parker ou Renaud Lavillenie. Dès que tu entends leurs noms, tu fais : « wow ». Ce sont des références, des gens au top.

Quels seront vos rivaux pour ces Mondiaux en salle ?

Il y a un Russe, Sergey Shubenkov, qui domine l’Europe depuis deux ans selon ce que j’ai lu dans les journaux. Je ne suis pas d’accord avec ça. Il a été champion d’Europe pendant deux ans (sur 110 m haies en extérieur en 2012, sur 60 m haies en salle en 2013, ndlr) mais je vais lui mettre des bâtons dans les roues. Je l’ai déjà battu à Birmingham, il y a quelques semaines, et maintenant que je n’ai pas de blessure et que je tiens sur mes jambes, je compte bien dominer l’Europe. Je croise les doigts pour rester debout et être au top. Le plus gros combat sera avec ce Russe.

Sur 110 m haies, la barre mythique des 13 secondes est-elle dans un coin de votre tête ?

Elle est clairement dans un coin de ma tête. D’ailleurs, à la base, je pensais seulement à ce record de France en extérieur, sur 110 mètres haies. Mais quand j’ai réalisé 7’’45 sur 60 mètres haies en salle, je me suis dit que je pouvais aussi rêver du record de France indoor. Je vais viser les deux. Il n’y a pas de limite, j’ai 22 ans et je vais foncer.

Qu'est-ce qu'il vous manque aujourd'hui pour être dans les meilleurs au monde ?

Il y a un an, j’aurais dit : un départ. Mais j’ai mis des choses en place qui m’ont fait prendre confiance en moi et passer un cap. C’est un gros pas en avant. Mon 7’’45 n’est pas sorti de nulle part. Je ne m’y attendais pas, honnêtement, mais je l’ai réalisé en effectuant un gros changement dans mon départ. C’était mon point faible et maintenant c’est peut-être mon point fort. Les compteurs sont remis à zéro si tout va bien. Le problème avec les haies, c’est que c’est une discipline à risques. Ce n’est pas forcément le plus fort qui gagne mais celui qui ne fait pas d’erreur. Mais je vise l’or et si tout va bien, s’il n’y a pas de faute, je ne vois pas qui peut me battre. Dans les bilans mondiaux, j’ai un dixième de seconde d’avance sur n’importe qui sur cette planète et il faut que le concerne. Si j’arrive en forme et que je ne fais pas d’erreur, je devrais viser l’or.

Votre coach, Patricia Girard, était justement une spécialiste du départ...

C’était une grande spécialiste du genre, une des meilleures partantes au monde. C’était une boule d’énergie et elle essaie de nous transmettre ça. On fait du bon boulot ensemble.

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Mondiaux en salle : des Bleus peu nombreux mais ambitieux

Avec sept athlètes, le contingent français qui dispute les Mondiaux en salle de Sopot (Pologne) apparaît très restreint. Avec un avantage corolaire : tous auront plus ou moins une chance de médaille, à commencer par Pascal Martinot-Largarde, meilleur performeur mondial de l’année, qui visera l’or sur 60 mètres haies, où Garfield Darien pourrait également être à la bagarre pour le podium. Les autres Bleus en l’absence des leaders habituels Renaud Lavillenie ou Teddy Tamgho ? Cindy Billaud (60 m haies), Eloyse Lesueur (saut en longueur), Yoann Kowal (3000 m), Jérôme Clavier (perche) et Kevin Menaldo (perche).

« On se retrouve avec une équipe réduite mais qui a du cœur, de la volonté, et qui est toujours heureuse de porter ce maillot, assure le DTN Ghani Yalouz. A Istanbul (Mondiaux en salle 2012, ndlr), on était parti à onze et on était revenu avec trois médailles. Ça peut sourire, évidemment, mais avec un contingent de sept, si on revient avec une médaille, je fais péter le champagne ! Vous faites le ratio, ça correspond à revenir d’un championnat d’Europe ou du monde en plein air avec sept ou huit médailles. On a un peu de pression, c’est normal, car ce serait bien pour l’équipe d’avoir une médaille. Ça les motive. Mais ils vont se battre et arrivera ce qui arrivera. Il n’y aura pas de miracle mais il peut y avoir des surprises. Il faut qu’ils se fassent plaisir, qu’ils honorent ce maillot et, surtout, qu’ils ne se blessent pas car on a besoin d’eux jusqu’à Rio (aux JO 2016). » En espérant que le récent record du monde à la perche de Renaud Lavillenie booste le collectif. « On a envie de suivre le wagon, on est tous là pour ça », confirme Lesueur.

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