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Mekhissi assume son rang

Mahiedine Mekhissi et Ezekiel Kemboi

Mahiedine Mekhissi et Ezekiel Kemboi - -

Mahiedine Mekhissi a offert à la France sa troisième médaille, en décrochant la troisième place sur 3000m steeple. Comme à Londres, il est battu par l'intouchable Kenyan Kemboi, et son compatriote Kipruto.

« Je suis fier de cette médaille ». Dans un coin de sa tête, il espérait sans doute se hisser un peu plus haut. Mais après la course, Mahiedine Mekhissi n’a pu que reconnaître la supériorité kényane, et la valeur de la médaille de bronze qu’il venait de décrocher (8’07’’86). L’accélération meurtrière d’Ezekiel Kemboi dans la dernière ligne droite l’a sans doute délesté de toute forme de regret. Le désormais triple champion du monde du 3000m steeple était tout simplement intouchable (8’06’’01). Son compatriote, Consensus Kipruto, deuxième à quelques centimètres (8’06’’37), également.

En bronze comme il y a deux ans aux Mondiaux de Daegu, c’est un Mekhissi réaliste et comblé qui revient sur sa performance du jour : « C’est une satisfaction, ça prouve que je ne m’entraîne pas pour rien, confie-t-il avant de grimper sur le podium. Le but est de collectionner les médailles. J’ai couru pour gagner, ce n’est pas passé loin, ça passera une prochaine fois. C’est la 3e finale où il me bat, ça commence à faire beaucoup, mais ça ne se joue pas à grand-chose, il me manque 50 mètres… »

Yalouz : « Mahiedine est affamé »

S’ils étaient trois tricolores alignés au départ de la course, c’est seul que le Rémois a dû lutter avec l’armada vert et rouge (quatre Kényans engagés). Noureddine Saïl, blessé à la réception d’un saut, et Yoann Kowal (8e), boxaient dans une autre catégorie. En devançant Paul Kipsiele Koech (8’08’’ 62), Mekhissi a donc assuré, dans la douleur, l’essentiel : « J'étais seul contre quatre. Je suis satisfait de cette médaille. C'était une course difficile, avec beaucoup de relances. J'ai travaillé beaucoup à l'extérieur, et je me suis battu jusqu'au bout. Il va falloir continuer à bosser, et j'espère les battre un jour ».

A 28 ans, il lui reste du temps pour y arriver. Et sa régularité au plus haut niveau peut le conforter dans ce sens : « Il commence à avoir un vrai palmarès dans une discipline très difficile, résume Ghani Yalouz, le DTN. Il me dit qu’il était crispé, peu importe, il a sa médaille. Une régularité pareille face à un tel niveau de concurrence, c’est énorme. Il n’a aucun complexe, il ne se pose pas de question, il ne triche pas, il est affamé et fier de porter ce maillot ». Cette troisième médaille française arrachée au courage en est une magnifique preuve.

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A.T.