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Doucouré : « J’avais besoin de sortir de Paris »

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A 29 ans, Ladji Doucouré tente de relancer sa carrière avec un nouveau coach américain Sylvaneus Hepburn. Tout juste rentré de trois mois d’entrainement intense à Columbia (Caroline du nord), le champion du monde (2005) du 110m haies raconte son séjour US au micro du « TP Show ».

Ladji, comment se sont passés ces trois mois d’entrainement aux Etats-Unis ?

Bien ! J’avais un peu d’appréhension dans le sens où c’était la première fois que je partais en tant qu’athlète et pas stagiaire. Je ne savais pas du tout où je mettais les pieds. Je suis content de faire quelque chose de nouveau. J’avais besoin de sortir de Paris. Pour l’instant, je ne sais pas du tout où j’en suis. Ce n’est pas la même préparation. On entre tout de suite dans le dur.

Quels sont les grosses différences par rapport à ce que vous avez connu avant ?

On court tous les jours. Pendant les trois mois, je n’ai pas eu le temps de chipoter. Je disais « yes » tout le temps ! Au début, je ne pensais pas tenir. Je me disais que ça faisait trop. Mais il faut juste se réhabituer à relancer la machine. Je me surpris, après quelques semaines, de pouvoir enchainer autant de courses. Ça redonne confiance.

Comment se déroulait une journée-type ?

Le lundi par exemple, je commençais à 4 heures du matin, pour finir à 9 heures. Pour les athlètes aux Etats-Unis, c’est le jour le plus dur. Alors qu’en France, c’est plutôt le mercredi ou le samedi. Ils s’habillent presque tous en noir, et « tu te mets ta race » comme ils disent. C’est le jour où tu crois que tu vas mourir. La première semaine, j’ai perdu deux kilos ! Il y a beaucoup de répétition. A un moment, j’ai demandé pourquoi on s’entrainait à 4 heures du matin. Le coach a rigolé et a répondu : "Quand les gens dorment, toi tu travailles." J’ai dit "OK". C’est autre philosophie, c’est un autre monde.

Avez-vous senti une progression ?

On progresse, mais c’est une autre façon de voir les choses. Le lundi, je me faisais chronométrer sur des 300m, et à chaque fois il fallait descendre le temps. Et tu n’as pas le choix. Pendant un mois, je me sentais tout le temps fatigué. Il était 18 heures, je voulais aller dormir ! Il y a des journées que je n’imaginais pas pouvoir passer, et en fait si. C’est beaucoup dans la tête.

Quel est votre programme pour les semaines à venir ?

Aux USA, on ne voit pas la saison en salle comme un objectif, contrairement à ce qui se passe en Europe. Pour eux, c’est une petite étape. Je prends le temps de me réadapter en France, et je devrais reprendre la compétition début février. Je suis inscrit à Karlsruhe le 2 février, et puis il y a les championnats de France le 16 à Aubière (Auvergne). Mon coach devrait me rejoindre d’ici quelques semaines. Je repartirai aux Etats-Unis début mars normalement.