RMC Sport

Felix : « Se doper est fatal »

Allyson Felix.

Allyson Felix. - -

De passage à Paris, Allyson Felix, authentique légende de l’athlétisme mondial (4 titres olympiques, 8 fois championne du monde), a accordé un entretien à Rmcsport. Avenir, popularité, dopage : l’Américaine de 28 ans n’a éludé aucun sujet.

La dernière fois qu'on vous a vue sur une piste, c'était lors de la finale mondiale du 200m à Moscou, foudroyée par une déchirure musculaire. Comment allez-vous depuis ?

Je vais beaucoup mieux aujourd’hui ! C’était malheureux pour moi de me blesser lors de la course la plus importante de l’année. C’est le lot de tous les sports, en général. J’ai repris l’entraînement il y a deux semaines et j’avoue être excitée à l’idée de revenir sur les pistes et de recourir.

Ce coup d'arrêt en finale fait-il partie des pires souvenirs de votre carrière ?

J’ai la chance de ne pas avoir eu de grosses blessures au cours de ma carrière donc oui, celle-ci fut dure à encaisser. Surtout en finale des Championnats du monde.

L'an prochain, il n'y aura ni JO, ni Mondiaux. Quels seront donc vos objectifs ?

Ce sera une saison assez particulière. Un peu étrange, même, sans grand championnat. Je serai donc focalisée sur la Ligue de diamant. Et j’espère retrouver mon niveau que j’avais avant de me blesser.

Vous êtes une légende dans votre sport, vous avez remporté presque tout ce qui est possible de gagner sur une piste. De quel titre rêvez-vous encore ?

J’aimerais participer une dernière fois aux Jeux Olympiques, en obtenant au moins une dernière médaille d’or olympique. Ce serait vraiment génial.

En France, au regard de votre palmarès, vous seriez une immense star. Qu'en est-il aux Etats-Unis ?

L’athlétisme n’est pas si important que cela aux Etats-Unis. Les gens s’y intéressent surtout tous les quatre ans, au moment des Jeux Olympiques, car il n’y a pas beaucoup de meetings. C’est difficile de suivre l’athlé, d’en voir à la télé. Ce qui me suivent, ce sont surtout les jeunes, ceux qui pratiquent au collège (équivalent de l’université en France, ndlr) ou les passionnés d’athlétisme. J’adore faire des « clinics » (sorte de démonstrations avec conseils à l’appui), parler avec eux. C’est toujours un moment fort pour moi.

Vous êtes réputée pour être une athlète propre, qui prend position et qui œuvre contre le dopage. Que vous inspirent les dernières révélations venues de Jamaïque concernant un certain laisser-aller dans les contrôles inopinés, notamment avant les JO 2012 de Londres ?

C’est quelque chose de très important pour moi. Je me suis toujours impliquée à fond dans cette cause. Le message que je transmets aux jeunes, c’est que se doper est fatal. Quiconque prend la triste décision de se doper fait un choix malheureux, quelle que soit sa nationalité. Basculer, décider de se doper, c’est quelque chose d’inconvenable pour moi. Et tellement décevant quand j’apprends que tel ou tel sportif s’est dopé.

On vous imagine donc choquée, quand vous avez appris la positivité de votre compatriote Tyson Gay ?

Je n’ai pas envie de parler d’une personne en particulier, mais c’est toujours frustrant d’apprendre que quelqu’un a progressé et « performé » en trichant. Ca me déçoit beaucoup.

Un dernier mot sur les athlètes français : êtes-vous proche ou admirez-vous l'un d'eux ?

Je me suis longtemps entraînée avec Eunice Barber. Nous étions très proches. J’ai même l’occasion de m’entraîner avec elle avec l’Insep. Je connais bien aussi Teddy (Venel, coureur de 400m, ndlr). Quant à l’autre Teddy (Tamgho) qui vient de se casser la jambe, c’est carrément fou !

En France, les spécialistes vous ont souvent comparée à Marie-José Pérec, en raison de votre foulée et votre polyvalence du 100m au 400m en passant par le 200m. Etait-elle une source d'inspiration ?

C’est quelqu’un que j’ai beaucoup admiré. Elle avait un style sublime, une foulée incroyable. J’ai eu l’occasion de discuter parfois avec elle et quelque part, je pense que ce qu’elle a accompli m’a inspirée.

Recueilli par GM