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Lavillenie, bien dans son cocon

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie - -

A 15 jours de son entrée en lice, Renaud Lavillenie espère succéder à Jean Galfione, dernier champion olympique de la perche (1996). C’est à Clermont, aux côtés de ses proches qu’il se prépare. En toute décontraction.

Perignat-les-Sarlieve, un mardi après-midi. La chaleur s’est abattue sur la région auvergnate, et dans cette ville tranquille de la banlieue clermontoise, un ballon trouble la quiétude. Renaud Lavillenie et son frère Valentin se sont lancés dans une partie de basket. Les deux perchistes s’offrent un moment de détente avant de se rentre à l’entraînement. « Il y a des défis dans tout : quand on va se baigner, quand on nage, quand on joue au basket, au tennis de table », rigole le petit frère de 20 ans qui l’a rejoint cette année en provenance de Bordeaux. Et pour assouvir cette soif de pari, Renaud a installé un panneau de basket devant sa maison et un sautoir dans… son jardin. « Il y a toujours de la compétition, c’est quelque chose en moi. Avec mon frère, il y a un peu plus de complicité. On met toujours une carotte pour se dépasser un peu plus », s’amuse le recordman de France (6,03m).

La balle orange rangée, les deux hommes prennent ensuite la direction de l’entraînement à une dizaine de kilomètres. Dans la voiture, encore et toujours des défis. Notamment lorsque Valentin taquine son frère au sujet d’un jeu vidéo sur son téléphone portable. Renaud en profite pour nous vanter le calme de la région, indispensable à son bien-être. Puis il enchaîne au sujet de ses proches : « C’est un entourage important. Pas forcément quand tout va bien, mais quand ça déraille, ils sont là pour nous remonter le moral et nous faire penser à autre chose que la perche. C’est essentiel. » Valentin enchaîne : « Nous sommes là dans les bons comme dans les mauvais moments. Je ne sais pas si on lui apporte énormément, mais on ne fait rien d’exceptionnel. On ne fait pas ça parce qu’il est champion, simplement parce que c’est logique pour nous. »

Lavillenie : « Hâte d’en découdre »

A leur arrivée au stade Jean-Pellez, Renaud et Valentin s’occupent eux-mêmes de leurs perches qu’ils embarquent dans le véhicule du double champion d’Europe en plein air pour effectuer les quelques mètres qui séparent le gymnase du stade. Ce sont eux qui installent le sautoir et les tapis de protection. Ce mardi, la barre est fixée à 4,80m. Renaud Lavillenie semble agacé par le vent qui balaye le sautoir. Damien Inocencio, son coach, s’en amuse : « Finalement, ça ne sert à rien que je sois là. Je ne sers à rien moi aujourd’hui. Je suis au chômage technique », lance-t-il à ses hommes.

A entendre Lavillenie et son coach, une séance n’est jamais ratée. Notamment parce qu’on peut toujours en tirer quelque chose, mais également parce que le sport se déroule en extérieur et dépend largement des conditions climatiques. Dans la semaine, ils enchaînent ainsi entre musculation, sauts, exercice de dynamisme, et dans le viseur du perchiste de 25 ans, l’or olympique. Dans son entourage, on le sent particulièrement détendu. L’enjeu n’a aucune influence sur lui. « Il n’y a pas d’excitation particulière. J’ai simplement hâte d’en découdre », livre-t-il. Avec Pierre Quinon et Jean Galfione comme prédécesseurs, il sait en tout cas qu’un gros défi l’attend. Peut-être le plus beau de sa carrière.

PT à Clermont-Ferrand