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Lavillenie : « Impatient de pouvoir sauter plus haut »

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie - -

En pleine préparation pour les championnats d’Europe à Zurich (12 août au 17 août), Renaud Lavillenie fait le point sur sa forme physique. Le recordman du monde de saut à la perche (6,16m) espère tout exploser dans trois semaines.

Renaud Lavillenie, n'êtes-vous pas trop impatient d'attaquer ces championnats d'Europe ?

Un peu impatient parce que c’est le but de la saison. C’est un championnat, donc c’est toujours intéressant. J’ai trois petites semaines devant moi pour me ressourcer, faire le plein d’entraînements et me préparer pour être le meilleur possible.

Vous ne ferez donc pas d'autres compétitions avant les championnats d'Europe ?

Non. La dernière était à Londres dimanche dernier. Maintenant, le calendrier est quasiment vide, hormis les Jeux du Commonwealth mais on n’a pas le droit de les faire. Donc, on reste tranquille. Et c’est intéressant de pouvoir faire un bon bloc d’entraînements car ça permet de retrouver un peu les bases et de se remettre correctement physiquement.

Comment jugez-vous votre début de saison estivale ?

Je suis évidemment un peu frustré du manque de hauteur et surtout frustré par le manque de conditions. On a du mal à se croire en été et on a du mal à pouvoir se libérer. A l’entraînement, ça se passe bien dans l’ensemble, même si on galère des fois avec la météo. On est toujours en train d’espérer des bonnes conditions. C’est comme ça tous les week-ends depuis début juin. Mais je suis très content d'avoir pu gagner à chaque fois car ce n’est pas forcément facile. Dans la préparation pour les championnats d’Europe, le plus important est d’être capable de sauter devant tout le monde plutôt que d’être capable de sauter haut et de retomber plus bas d’autres fois.

Maintenant, les observateurs font beaucoup plus attention à la hauteur à laquelle vous sautez car vos victoires paraissent normales...

Evidemment, mais pour moi, ce n’est pas du tout la même chose. Mais c’est vrai que je suis impatient de pouvoir sauter plus haut. Malheureusement, c’est très compliqué avec les conditions que l’on a. Il faut prendre son mal en patience. Je ne désespère pas et j’espère qu’aux championnats d’Europe, il y aura des bonnes conditions pour être à mon niveau de ces dernières semaines. De toute façon, on n’a pas le choix, on ne peut pas aller contre la météo.

« Ma nouvelle notoriété ? C'est plaisant »

Attention, ces derniers temps les Allemands raflent tout dans les autres sports...

A la perche, ils ne sont pas au mieux pour l’instant. Ils sont un peu en retrait. Björn Otto, le vice-champion olympique, s’est blessé au tendon cet hiver et il a un peu du mal à revenir. Je pense que la saison est mal embarquée pour lui. Malt Mohr a eu des petits problèmes de dos et ce n’est donc pas terrible en ce moment. Et le champion du monde, Raphael Holzdeppe, ne trouvait plus ses repères et a eu des petits problèmes physiques. Pour le moment, il ne fait pas partie de l’équipe pour les championnats d’Europe. Ça laisse un peu le champ libre du côté de l’Allemagne. Mais il en reste toujours d’autres et, par expérience, il faut se dire qu’il y a toujours des athlètes qui se révèlent sur des championnats. Il faut être capable de réagir à ça.

Votre nouvelle notoriété est-elle facile à gérer ?

Ce n’est pas facile à gérer (rires). Ce n’est pas forcément le plus facile et il faut être bien entouré pour essayer de ne pas se faire dépasser. Masi c’est quand même plaisant de savoir que des milliers de personnes suivent avec intérêt ce que je fais au quotidien. Les gens s’intéressent à ma discipline, alors qu’ils ne la connaissaient pas il y a encore quelques mois. Il y a quand même pire. Je serais surpris de trouver une personne qui n’aime pas ça. Quand vous porte de l’intérêt, c’est toujours plaisant.

Pensez-vous que l'équipe de France d'athlétisme va tout faire péter à Zurich ?

On l’espère tous. C’est vrai que ces dernières semaines étaient très propices pour l’ensemble des athlètes. Il y a eu des bonnes performances aux championnats de France et au meeting à Monaco. Il y a toujours ce petit lot de surprises sur un grand championnat. On est prêt pour ça et on attend qu’une seule chose, être sur le stade pour tout donner. Et on veut faire exploser le record de médailles qu’on avait fait à Barcelone (18 médailles dont 8 en or, ndlr).

Avez-vous eu des nouvelles de vos amis rugbymen clermontois, violemment agressés le week-end dernier à Millau ?

J’ai échangé avec Julien (Pierre), avec qui je suis très proche. Il m’a rassuré pour son état physique. Malheureusement, il va avoir pas mal de semaines d’indisponibilité. Du côté d’Aurélien (Rougerie) et Benjamin (Kayser), ce n’est plus de peur que de mal. Mais c’est quand même une horrible histoire. J’espère qu’on saura le fin mot de l’histoire et que les coupables seront jugés correctement.

La rédaction