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Lavillenie, un champion hors norme

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie - -

Le triomphe olympique de Renaud Lavillenie à Londres ne doit rien au hasard. Véritable bête de compétition armée d’un mental d’acier, le Clermontois est avant tout une mécanique de précision qui ne néglige aucun détail.

Un éternel insatisfait

Sacré champion de France haut la main il y a un mois à Angers, Renaud Lavillenie avait pourtant du mal à cacher sa frustration. Une image surprenante, mais pas si surprenante pour cet éternel insatisfait. « Avec Renaud, ça ne s’arrête jamais car c’est quelqu’un qui est justement incapable de s’arrêter, souligne son entraîneur, Damien Inocencio. Il est toujours en mouvement. On a eu un objectif, on se reconcentre tout de suite sur le suivant ».

Véritable bête de compétition, Renaud Lavillenie veut toujours aller plus haut. Depuis le début de la saison estivale, le perchiste français, impressionnant de régularité, s’est toujours imposé avec la manière. Avec 11 victoires lors de ses 13 dernières sorties (JO inclus), il était tout simplement à Londres. « Dans ma tête, c’est toujours la même chose : franchir la barre la plus haute », confie le Clermontois.

Un physique de champion

Son inquiétante fracture du 3e métacarpe de la main gauche en décembre dernier a rapidement été un mauvais souvenir. A peine remis de sa blessure que déjà, le recordman de France (6,01 m en plein air) affichait une forme olympique, enchaînait aisément les séances physiques intensives comme les concours gagnants. « On essaye de calculer des plateaux de forme, témoigne Damien Inocencio. On ne peut pas être en forme tout le temps. Renaud doit l’être à partir de maintenant jusqu’au mois d’août ».

Le natif de Barbezieux-Saint-Hilaire n’hésite d’ailleurs pas à utiliser les nouvelles technologies afin de connaître le mieux possible son physique. Avec l’entreprise MatSport, il utilise un dispositif sur la piste d’élan du stade Jean Pellez d’Aubière (Clermont), où il s’entraîne, pour mesurer et améliorer ses foulées et accélérations. Il porte également un petit bracelet de son équipementier qui permet de calculer son énergie dépensée durant une journée.

Un mental d’acier

Le mental des sportifs français fait souvent débat lors des grandes compétitions. Celui de Renaud Lavillenie n’y a pas échappé. Troisième aux Mondiaux de Berlin en 2009 quelques mois après avoir battu le record de France (6,01m), puis à Daegu en 2011, le perchiste tricolore a patienté avant de passer le « cap » international. Vainqueur de la Diamond League, des Mondiaux en salle puis des « Europe » d’Helsinki, Lavillenie était clairement devenu l’homme à battre. Un statut qu’il assumait pleinement. « Renaud sait ce que c’est, confiait son coach. Il est capable de créer une grosse bulle autour de lui pour rester imperméable à beaucoup de choses ».

Une capacité à évacuer la pression qui est devenue sa force principale, comme en témoigne son titre olympique décroché au 3e essai à 5,97m. « Être l’homme à battre ne me pose pas de problème. J’évacue la pression, c’est la meilleure des solutions. C’est ce que je fais sur les gros championnats. Si on a tendance à se mettre trop de pression, ça peut partir en sucette ». Paroles de champion.

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