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Le plan de l’athlétisme français pour les JO de Paris 2024

Jimmy Gressier

Jimmy Gressier - ICON Sport

Après des JO 2020 ratés (une médaille d’argent), la Fédération Française d’athlétisme a présenté ce mardi le programme "Ambition 2024", qui vise à accompagner les jeunes à forts potentiels jusqu’aux Jeux olympiques de Paris.

Après trois ans difficiles, l’athlétisme français espère des jours meilleurs. Les deux médailles au Mondiaux 2019 (argent et bronze) et la seule médaille d’argent aux Jeux de Tokyo en 2020 (pour Kévin Mayer sur le décathlon) font tâche pour une nation qui accueille les JO dans moins de trois ans. "On veut créer un collectif d’athlètes qui travaillent sur le sportif, mais pas uniquement, annonce le président de la FFA, André Giraud. Nous avons fait le constat depuis plusieurs années qu’il faut apprendre à gérer la compétition, mais aussi l’environnement de l’athlète, l’aspect socio-professionnel, médical, leurs finances, les relations aux médias…"

Cinquante-six athlètes ciblés

Pour cela, la FFA, main dans la main avec la région Île-de-France, a donc lancé "Ambition 2024". Un projet né fin 2018, dont la région est à l’origine, avec l’appui et la proposition de l’ancienne triple championne olympique (sur 400m et 200m) Marie-José Pérec, qui souhaitait "apporter son expérience". Cinquante-six athlètes à fort potentiel ont été ciblés. De très jeunes, comme le sprinteur Jeff Erius, 17 ans, et certains ayant déjà de l’expérience à l’image de Jimmy Gressier et Hugo Hay, présents à Tokyo sur 5000m. L’athlétisme français s’est concentré sur quatre axes pour accompagner les champions de demain : la formation globale, la cohésion, le "home-advantage" (fait de concourir à domicile), et la transmission.

Un premier rassemblement a déjà eu lieu en 2019, axé sur la communication, la prise de parole devant les médias. Les athlètes seront aussi plus soutenus financièrement, avec des aides de la région, de la Fédération et de l’Agence Nationale du Sport, pour qu’ils soient "sereins" à ce sujet, que ça ne soit pas une préoccupation stressante. Des anciens champions, de toutes disciplines, viendront également partager leur expérience. Le gymnaste Samir Ait Saïd est le premier à leur avoir rendu visite. Mais le Covid a ensuite freiné le processus. Il y aura un à deux rassemblements nationaux par an, ainsi que des rassemblements à l’échelle régionale. Car l’idée est, si possible, que d’autres régions apportent leur soutien et viennent se greffer au projet.

"Professionnaliser les athlètes"

Si ce projet a vu le jour avant les JO de Tokyo, ces derniers ont confirmé le besoin de mieux entourer les jeunes. "On avait commencé à travailler avant les Jeux, mais avec les mauvais résultats que nous avons obtenus. On a vu qu’il y avait pas mal de blessures, explique André Giraud. Donc la prépa est à revoir. Il y a beaucoup de remise en cause y compris chez les techniciens, et eux même en ont fait le constat. On a d’ailleurs étudié et eux ont fait des propositions." Aux athlètes, ensuite d’être performants en compétition. Car le groupe peut grossir, mais devrait surtout rétrécir au fur et à mesure que Paris 2024 approche.

"Les U23 sont de très bonnes génération, affirme Pierre-Charles Peuf, référent du Groupe France U23. On a quelques pépites chez les juniors. Toute la question est : comment on transforme les meilleurs juniors du monde en meilleurs seniors du monde ?" La réponse devra être trouvée rapidement. Et la recette, sil elle fonctionne, pourrait être réutilisée pour les JO 2028, voire 2032.

Valentin Jamin