RMC Sport

Malaty : « Montrer que ce n’était pas un coup de chance »

Benjamin Malaty

Benjamin Malaty - -

A deux jours du marathon de Paris, Benjamin Malaty, qui avait terminé 19e et meilleur Français en 2012 avec un chrono de 2h13, tentera de renouveler sa brillante perf de l'an passé. Et mesure l'écart qui le sépare encore des Kényans et Ethiopiens.

Benjamin, comment préparez-vous une échéance telle que le marathon de Paris ?

Cela se prépare longtemps à l’avance, dix semaines environ. C’est assez dur et très exigeant, il y a beaucoup de contraintes. L’objectif, c’est d’avoir une hygiène de vie vraiment particulière et parfaite afin de récupérer de tous les entraînements. Pendant dix semaines, on sollicite beaucoup notre corps donc là, à quelques jours de l’évènement, c’est le repos qui est le plus important puisqu’il permet d’arriver totalement frais sur un marathon. La dernière semaine, le mieux, c’est de faire du footing. C’est un entrainement léger et simple qui permet d’arriver dans les meilleures conditions possibles et les derniers jours avant l’épreuve sont cruciaux dans la régénération de l’organisme.

L’année dernière, vous avez fini 19e et meilleur Français… Vos objectifs sont-ils revus à la hausse ?

L’objectif, c’est avant tout confirmer la performance de l’an passé pour montrer que ce n’était pas un coup de chance. Je ne veux pas annoncer de chrono, je veux juste essayer de grappiller un petit peu. Une à deux minutes, pourquoi pas.

Aucune chance donc de vous voir sous les 2h10 ?

Je pense que les 2h10 et les moins de 2h10, c’est encore un peu prématuré ! Ce n’est que mon deuxième marathon donc l’objectif, c’est vraiment de confirmer. Pourquoi pas s’approcher des 2h10 et 50 secondes ? Mais si je gagne 1’ ou 1’30, ce sera déjà très bien. Cette fameuse barre des 2h10, c’est plus un objectif à moyen terme en vue des prochains Jeux Olympiques.

Pour vous, quelles sont les principales difficultés sur un marathon ?

Physiquement, on ne devrait pas en avoir puisque logiquement on se prépare pour. Mais c’est vrai que passé un certain seuil, notamment le mur des 30 kilomètres, les jambes commencent à être lourdes. Physiquement, on commence à pécher et c’est là que le mental doit prendre le relais. Tout peut arriver sur un marathon comme des problèmes gastriques, des ampoules, etc … Donc il est important d’être préparé aussi par rapport à cela. Les derniers kilomètres sont vraiment difficiles, c’est sûr. C’est un effort que l’on découvre le jour du marathon et la première fois, c’est vraiment compliquer à gérer.

Les meilleurs restent les Ethiopiens et les Kényans. Pensez-vous pouvoir courir aussi vite qu’eux un jour ?

Ce serait un peu présomptueux de dire que c’est possible ! Je cours avec mes moyens et mes qualités. Alors c’est vrai que j’ai fait une bonne impression lors de mon premier marathon, en 2h13. Mais si jamais j’arrive à passer sous les 2h10, là, ce sera une belle victoire pour moi. Alors, parler du chrono des Ethiopiens et des Kenyans (2h05), on voit bien qu’il n’y a aucun Européen qui y arrive. Donc je pense que ce n’est pas d’actualité. Le fossé est énorme et ils ont un temps d’avance. Moi je cours à mon niveau pour me faire plaisir et j’essaie de ne pas trop penser à cela sinon je vais devenir frustré ! C’est compliqué. Pour le moment, je n’ai pas le niveau pour être à leurs côtés.

Quels sont vos objectifs sur le long terme ?

Dimanche, il faudra que je confirme ce que j’ai fait. Après je viens sur Paris pour me qualifier pour les championnats du monde qui auront lieu cet été. Les minimas sont fixés à 2h10 mais le premier Français sera logiquement sélectionné. Donc si je peux terminer, comme l’an dernier, premier Français, je serai honoré de pouvoir mouiller le maillot et représenter mon pays. Ce serait une belle récompense qui me permettra d’emmagasiner de l’expérience pour plus tard, le résultat final étant de se qualifier pour les Jeux Olympiques de 2016. Ce serait un immense honneur, non pas seulement pour moi, mais aussi pour mon partenaire Kalenji qui me suit dans ce projet. Donc dans deux ou trois ans, l'objectif c’est la qualification pour les JO 2016 et passer sous les 2h10.

Sport et dopage semblent être liés ces derniers mois, et le running ne semble malheureusement pas épargné ... Quel regard portez-vous sur les Kényans, dont certains ont récemment été contrôlés positifs ?

Cela montre que même le Kenya est touché par ce fléau. Il ne faut pas généraliser bien évidemment puisque ce sont sûrement des cas à part, mais aujourd’hui le dopage est présent partout et dans tous les sports, malheureusement. Je pense qu’il y a un énorme travail à faire sur ce point de la part des instances pour éviter que cela ne dénature les valeurs, les performances.

Avez-vous le sentiment que la course à pied devient un phénomène de mode ?

Oui, c’est clair, cela revient à la mode. Je pense qu’il y a quelques années, la course à pied n’était pas aussi développée. C’est une prise de conscience et c’est un moment de l’histoire où les gens ont envie de plus en plus de faire du sport. La course à pied offre des garanties puisque c’est simple à pratiquer. Il n’y a pas de contraintes de lieux, de temps et pour les gens, je pense que c’est important. Pour les gens, le marathon est devenu quelque chose à faire dans sa vie.