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Mekhissi : « J’aurai la sensation de voler ! »

Mahiedine Mekhissi médaillé de bronze à Moscou 2013

Mahiedine Mekhissi médaillé de bronze à Moscou 2013 - -

Comme 5 autres coureurs de renom, le médaillé de bronze sur 3000 m steeple aux Mondiaux de Moscou s’attaque ce mercredi au record du Viaduc de Millau. Une expérience inédite que Mahiedine Mekhissi est impatient de vivre… et de gagner !

Mahiedine Mekhissi, dans quel état d'esprit êtes-vous à quelques heures de cette traversée-record ?

Je suis pressé de courir sur le Viaduc, car ça va être une course bizarre. Ça va changer par rapport à d’habitude. Généralement, on court sur piste. Là, ça va être une course sur route, qui plus est sur un pont. J’ai hâte d’y être !

Qu'est ce qui vous a motivé dans ce défi en tout point atypique ?

C’est la nouveauté ! Ça va être une course prestigieuse. Ce qui m’a motivé est aussi de courir sur le plus haut pont du monde. Traverser le viaduc à pied, ce n’est pas donné à tout le monde. J’avais envie de changement, de courir sur route. Puis, c’est une de mes dernières courses de la saison, les organismes commencent à être fatigués, la saison a été très longue. C’est plus une course festive qu’une course de très haut niveau. Ce qui m’a attiré aussi, c’est qu’on sera en hauteur. J’aurai la sensation de voler, de planer. Je n’ai pas trop le vertige, mais ça va être impressionnant !

Avez-vous fait une préparation spécifique pour ce format court (2460 m) doté d'une légère d'une pente de 3% ?

Non, je n’ai pas fait de préparation spécifique. Je me suis entrainé comme d’habitude. Mais j’ai tout de même fait plus de travail en nature que sur piste. Nous allons être 6 au départ de cette course, avec des athlètes de très haut niveau. Ça va être bizarre. Le but est de remporter la course, et pourquoi pas de réaliser un record.

Avez-vous repéré les lieux ?

Je suis arrivé aujourd’hui à Montpellier, je vais aller voir le Viaduc dans l’après-midi. 

La pente de 3% change-t-elle la donne ?

Généralement, nous courons en rond sur une piste plate alors que le Viaduc est sur route et en montée. Forcément, ça va être plus dur, ça va faire plus mal aux jambes. C’est ça qui m’a attiré également, ça va changer de la piste. Ce sera un autre décor, on sera dans la nature avec un beau paysage. 

Vos concurrents sont tous des coureurs internationaux qui excellent dans leur discipline de prédilection (du 1500 m au marathon) : une certaine suprématie sera-t-elle donc en jeu ?

Là, il y a pratiquement les meilleurs demi-fondeurs français réunis dans cette course. Cela ne va pas être facile, cette course sera de très haut niveau. Je vais essayer de tirer mon épingle du jeu.

Avez-vous un pronostic ?

Mon pronostic, c’est de gagner la course ! Le chrono, ça m’est égal. Et puis, sur 2460 m avec une montée à 3% et sûrement du vent car on est sur un pont, c’est difficile de faire un pronostic. Je me focalise plus sur les adversaires qu’autre chose.

Quel adversaire redoutez-vous le plus ?

Onesphore Nkunzimana connait très bien le parcours (Le Burundais a remporté l’an passé la Course Eiffage du Viaduc de Millau mais sur une distance de 23,7km, ndlr), il a de l’avance sur tout le monde. Ça va être l’adversaire le plus dur à battre. Après, les Français Florian Carvalho (1500m) et Yoann Kowal (3000 m steeple) seront aussi très forts. Il va falloir les respecter, et faire attention à tout le monde. 

A l'avenir, envisagez-vous une reconversion sur route ?

Pourquoi pas ! Là, je fais mes débuts sur une petite course sur route. Et pourquoi pas me reconvertir sur route, et essayer un marathon !

Vous ne serez que 6 au départ de cette course. A l'avenir, pensez-vous que cette épreuve doit s'ouvrir à davantage de monde ?

C’est le lancement, la première course. Une course de la sorte ne s’est jamais réalisée. Alors pourquoi ne pas inviter plus d’athlètes pour l’année prochaine. Il faut voir avec les organisateurs. C’est clair qu’avec plus d’adversaires, la course sera plus attrayante.

Est-ce votre dernière course de la saison ?

Non, je vais faire un dernier 3000 m au meeting national d’athlétisme de Poitiers, le 21 septembre. Et ce sera ma dernière course de l’année. 

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Propos recueillis par Guillaume Depasse