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Nike lance une enquête après le témoignage glaçant d'une victime de Salazar

Nike a réagit par un communiqué à CBS ce vendredi aux accusations de Mary Cain à l'encontre d'Alberto Salazar et de l'Oregon Project sous l'égide de la firme à la virgule. L'ancienne prodige américaine du demi-fond dénonce la violence des méthodes du très controversé entraîneur, suspendu quatre ans par l'antidopage.

"Tu mérites des excuses parce que personne n'était à tes côtés pour prendre soin de toi pendant le temps que tu as passé à Portland, à l'Oregon Project. J'aurais aimé être cette personne." Les mots touchants de Cam Levins, fondeur canadien ayant lui aussi connu le centre d'entraînement d'Alberto Salazar, à Mary Cain arrivent sans doute un peu tard. Ils ont le mérites d'exister. 

Ancienne prodige du demi-fond américain qui avait notamment brillé sur 1.500m aux championnats nationaux (toujours très relevés) en 2014, la jeune femme de 23 ans a livré un témoignage poignant au New York Times jeudi, pour dénoncer les méthodes de son entraîneur de l'époque, suspendu quatre ans par l'antidopage américain en octobre dernier. 

Un système soutenu par Nike

"J'ai été physiquement et émotionnellement abusée par un système fabriqué par Alberto et soutenu par Nike", a-t-elle déclaré, en référence au sponsoring de la marque à la virgule auprès de l'Oregon Project, un centre d'entraînement situé... au sein même du siège de la firme. Après la sanction infligée le mois dernier à Alberto Salazar, Nike avait annoncé la fermeture de la structure.

Parmi les horreurs que dénonce la jeune femme, des humiliations répétées sous le regard de ses camarades concernant son soit-disant surpoids. Forcée de perdre du poids, Mary Cain a confessé ne pas avoir eu ses règles durant trois ans, ce qui a abouti (entre autres, les séquelles psychologiques étant difficilement quantifiables) à un taux d'oestrogènes au plus bas et à cinq fractures. En plus de pensées suicidaires. Et Nike dans tout ça? Ils n'ont "vraiment rien fait ni dit", assure-t-elle.

La marque américaine a réagi par un communiqué par mail plutôt léger transmis à CBS ce vendredi. "Nous prenons ces allégations très au sérieux et allons lancé immédiatement une enquête, pour entendre les anciens athlètes de l'Oregon Project, écrit Nike. Chez Nike, nous cherchons toujours à mettre l'athlète au centre de tout et ces allégations sont totalement incompatibles avec nos valeurs." Tout en précisant que ni Mary Cain ni ses parents n'avaient soulevé auprès de la marque ces allégations avant. Le feuilleton Salazar réserve sans doute encore de mauvaises surprises.

A.Bo