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Pistorius est presque valide

Oscar Pistorius

Oscar Pistorius - -

L’athlète sud-africain, médaillé d’or aux Jeux Paralympiques 2004, n’est plus qu’à quatre dixièmes des minimas pour participer, chez les valides, aux Mondiaux de Daegu sur 400m qui se disputeront du 27 août au 4 septembre 2011. « L’homme sans jambes le plus rapide du monde » brûle de relever l’incroyable défi. Cela passe par une grande performance ce vendredi au Stade de France.

Quand il arrive, souriant, jeans et t-shirt bleu ciel, les lunettes de soleil sur le front, impossible de discerner quoi que ce soit. Oscar Pistorius est un type comme les autres, sympa, ouvert sur le monde et volontiers bavard. Seule sa démarche un brin rigide pourrait interpeller. Et pour cause… Alors qu’il n’est qu’un bébé, à l’âge de 11 mois, le Sud-Africain est amputé des deux jambes. Une malformation incurable. Au fil des années, il n’a qu’une idée : « pouvoir marcher ». Qui se transforme rapidement en « pouvoir courir ». Heureusement pour lui, la médecine et l’orthopédie peuvent faire des prouesses. Grâce à ses prothèses et sa volonté hors du commun, Pistorius devient rapidement l’un des meilleurs athlètes paralympiques. Au point d’être médaillé d’or sur 200m à Athènes, en 2004, puis carrément sur 100, 200 et 400m quatre ans plus tard à Pékin. Entre-temps, ses objectifs évoluent ; c’est aux athlètes valides qu’il souhaite désormais se frotter.

« Je veux être jugé sur mes mérites »

En 2007, le natif de Johannesburg va au bout de son idée. Mais sa présence dans les starting-blocks se révèle gênante. « Ses prothèses l’avantagent », assurent sans rire certains. La fédération internationale d’athlétisme (IAAF) stoppe l’expérience après quelques mois. Décision cassée dans la foulée par le Tribunal arbitral du sport, qui autorise Pistorius à s’aligner où et avec qui bon lui semble. « Il y a eu des tensions mais maintenant tout est apaisé », assure-t-il, pas rancunier pour un sou. Mais le Sud-Africain est encore trop juste sur le plan chronométrique. Il rate les JO en Chine, puis les Mondiaux de Berlin en 2009. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à progresser. Actuel deuxième de son pays sur 400m en 45’’61, il n’est plus qu’à 36 centièmes de seconde des minimas pour Daegu. A la fois énorme et dérisoire. Invité par les organisateurs du meeting Areva ce vendredi au Stade de France, il a une chance magnifique de parvenir à ses fins aux côtés des stars du tour de piste, dont l’Américain Jérémy Wariner. « J’adore Paris, rien que d’en parler me donne les frissons, confie-t-il. Je vais courir ‘avec’ Wariner, pas ‘contre’ Wariner. Je ne suis pas encore une menace pour lui. Il m’aide à m’améliorer. »

S’il n’atteint pas les 45’’25 requis pour aller en Corée, Oscar Pistorius aura encore deux chances d’ici à la fin du mois, dans son pays. « Je ne veux pas de privilèges, je veux être jugé sur mes mérites », martèle-t-il. Et si le relais 4x400m sud-africain se qualifie, il en fera sans doute partie. Pour « l’homme sans jambes le plus rapide du monde », comme on le surnomme dans les pays anglo-saxons, c’est une nouvelle carrière qui commence. Après tout, il n’a que 25 ans…

J.F.P.