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Qualifié pour les JO de Tokyo, Mayer gravit la première marche de l’olympe

Recordman du monde, Kevin Mayer a parfaitement géré sa compétition lors du meeting de l’Ile de la Réunion, après deux ans sans terminer un seul décathlon. Avec 8552 points, Kevin Mayer assure les minima pour les Jeux olympiques de Tokyo l’été prochain. Avec quelques belles performances, un record sur 110m haies, et surtout un corps qui l’a enfin laissé tranquille.

C’était une évidence et en même temps, une première étape stressante pour le meilleur décathlonien de l’histoire. Kevin Mayer, recordman du monde avec 9126 points, a validé les minima olympiques lors du meeting de la Réunion (plus de 8350 points). Une formalité pour lui... sauf qu’à cause de blessures à répétition, il n’avait plus fini une seule fois les 10 épreuves d’affilée depuis deux ans. Et Mayer a changé sa structure d’entrainement. 

Cela a parfaitement fonctionné, avec notamment une vitesse de pointe toujours impressionnante, un record personnel en 13’’54 sur 110m haies, des lancers toujours aussi puissants (plus de 16m au poids, 50m au disque) et il n’a pas tremblé en assurant le service minimum aux sauts (1m97 à la hauteur et 4m65 à la perche). Kevin Mayer a respecté la feuille de route tracée par ses coachs, même si la motivation était difficile à trouver: "Je suis toujours meilleurs en grands championnats, là les minima, c’est bizarre de ne penser qu’à un score final et de ne pas chercher de médaille."

Pourtant, avec 8552 points, il aurait décroché le bronze aux derniers Mondiaux de Doha, le tout en ayant fait l’impasse sur quelques jets et un élan réduit à la perche. "Je n’étais pas bien réglé, mais ça sent bon et ça laisse entrevoir de grandes choses", promet Mayer.

La médaille d’Or olympique au Japon, le rêve absolu !

Jérôme Simian, son entraîneur et préparateur physique, ne voulait pas tirer sur la corde: "On est venu avec humilité pour faire 8350 points. On l’a fait. Maintenant, l’objectif, c’est la médaille d’or aux JO." Le plus beau des métaux fait rêver le gamin de la Drôme, lui qui n’a jamais été champion olympique. Kevin Mayer le consent: "Je ne me rase pas tous les matins, mais je vais y penser tous les matins. Il faudra avoir des axes de travail, laisser les choses se calmer et mes coaches verront ce qu’il faut faire". L’axe principal de travail sera bien sûr la perche.

"Une phobie" selon Jérôme Simian. Depuis son ischio blessé à Doha, Kevin Mayer a "une énorme difficulté à sauter". Cela faisait des mois qu’il n’arrivait pas à "piquer". Il a réussi à la Réunion mais sur élan réduit pour un petit 4m65 réussi.

Une concurrence nouvelle et féroce en vue à Tokyo

Kévin Mayer devra faire mieux sur beaucoup d’épreuves et il le sait: "Je n’ai rien fait de bien à part le 110m haies." L’autocritique toujours, et un œil dans le rétroviseur. Un gamin de 20 ans venu d’Australie commence à faire parler de lui, Ashley Moloney. Ce weekend, lors du décathlon du Queensland, il a réussi le score hallucinant de 4650 points lors des cinq premières épreuves. En avance sur les temps de passages du record du monde de Mayer. Le Français est impressionné: "C’est incroyable ce qu’il a fait en première journée, mais un déca c’est deux jours. Il est à des années lumières de ce que j’étais capable de faire à 20 ans."

Mais il est excité par le défi. "Je commence à être le vieux. J’ai envie de continuer à croquer les jeunes et garder ma place (rires)!". En attendant, Kévin Mayer va faire la fête avec ses copains à la Réunion, notamment son " vieux pote" Gaël Quérin, qui met un terme à sa carrière après 33 décathlons. Pour la saison 2021, le recordman du monde a envie de compétition, peut-être les championnats d’Europe en salle de Torun en mars, "mais ce sont les coaches qui décideront".

Aurélien Tiercin