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Quel avenir pour Lemaitre ?

Christophe Lemaitre

Christophe Lemaitre - -

Le sprinteur français a connu une année olympique décevante à tel point que se pose la question de son avenir : rester à Aix-les-Bains avec Pierre Carraz ou migrer aux Etas-Unis...

Christophe Lemaitre aurait certainement aimé enrichir sa collection personnelle. Pour la première fois depuis son triplé européen de Barcelone (100m, 200m, 4x100m) en 2010, le sprinteur a terminé un grand championnat sans la moindre médaille. Une sixième place du 200m olympique, une quatrième sur le relais 4x100m et voilà les interrogations qui fleurissent autour de l’Aixois. A-t-il régressé ? Il y a d’abord les chiffres. Implacables.

Pour la première fois depuis ses débuts en 2007, le recordman de France du 100m n’est pas parvenu à améliorer son temps sur la distance reine. Un constat similaire sur 200m (voir plus bas). "A partir du moment où un garçon est capable de confirmer une régularité à 10 secondes et des performances à 19''9 sur 200m, il ne faut pas tout jeter, au risque de retomber à 20''40, 20''50 et 10''30 au 100m ce qui-là, serait très grave", tempère Renaud Longuèvre, l’entraîneur du sprint français.

"Usain Bolt continue à manger des Nuggets..."

Plus que régresser, Lemaitre semble plutôt avoir plafonné. Surtout que les conditions climatiques ne sont pas comparables d’une course à l’autre. Il reste aujourd’hui très perfectible sur les départs et le virage sur le demi-tour de piste. Comment alors aller chercher ces centièmes qui feraient de lui la terreur des pistes. Il y a d’abord la nutrition. Car Lemaitre est réticent à manger des fruits et légumes. Il avait ainsi perdu 3kg avant les Jeux Olympiques.

Un raisonnement qui fait bondir Maryse Ewanje-Epée : "Usain Bolt continue à manger des Nuggets, à habiter chez maman, a un coach (Glen Mills, ndlr) qui a besoin de le sortir du lit pour aller à l’entraînement et on ne se pose pas de questions parce que c’est le meilleur du monde, balance la consultante RMC Sport. Je suis persuadée que si on met Lemaitre dans le tout sport ou le tout diététique, on risque tout simplement de le perdre."

Comment améliorer les conditions d'entraînement ?

Après s’être astreint à des séances de musculation qu’il n’affectionne pas particulièrement, il devra maintenant encaisser pour récolter les fruits de ses efforts. C’est vrai qu’à 22 ans, le prodige a tout l’avenir devant lui. A condition de ne pas gâcher le travail entamé avec Pierre Carraz en 2005. C’est à Aix-les-Bains que la collaboration entre les hommes a débuté. Dans son douillet cocon familial, bien loin des grands pôles, et notamment de l’INSEP.

"On a l’avantage d’être tranquille, glissait Pierre Carraz quand on l’interrogeait avant les JO sur le cadre d’entraînement. L’inconvénient, c’est qu’on n’a pas de repli l’hiver pour faire des séances en intérieur. On fait avec… Ou plutôt, on fait sans."

Une visite à Miami

Pas de salle intérieure. Pas de grosse concurrence, non plus. Lemaitre s’entraîne avec son copain du relais, Pierre-Alexis Pessonneaux, pendant que Yohan Blake partage ses séances avec Usain Bolt. Là encore, Maryse Ewanje-Epée tacle ceux qui l’envoient déjà aux Etats-Unis : "Il est entre de bonnes mains, avec un entraîneur qui le connait très bien. Je ne vois pas pourquoi on se précipite avec un gamin qui n’a pas 25 ans. Le très gros risque quand on part chez quelqu’un d’autre, c’est qu’on détruise tout."

Lemaitre a seulement passé trois semaines à Miami pour y étudier le fonctionnement des universités américaines. Il envisage de s’y rendre de nouveau. Et pour cela, il peut compter sur l’aide de la Fédération : "Je les accompagne toujours, je mets les moyens à leur disposition et s’ils ont besoin d’aller explorer d’autres terres athlétiques, ajoute Longuèvre. Pierre Carraz est l’excellent pilote de l’avion et a su faire les bons choix."