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Soumaré : « Je garde les pieds sur terre »

Myriam Soumaré

Myriam Soumaré - -

Marraine du meeting d’Eaubonne -premier meeting exclusivement féminin organisé en France- qui lancera son année, Myriam Soumaré était l’invitée de l’Intégrale sport sur RMC. L’occasion de revenir sur la saison de la championne d’Europe en titre du 200 m, ses débuts tardifs dans l’athlétisme et la perspective des JO de Londres…

Le meeting d’Eaubonne est-il important car ce sera l’une de vos seules sorties de l’hiver ?

Oui, car j’ai décidé de me préserver. Je ne fais qu’une seule sortie à ce meeting, puis je me lance aux « France élite » (les 25 et 16 février à Aubière, ndlr), avant de reprendre la saison estivale. Au vu de la saison qui arrive, ce n’est pas la peine de laisser trop de plumes.

Quels seront vos objectifs à Eaubonne ?

Je ne vais pas là-bas pour faire de la figuration, j’espère réaliser un bon chrono. Les filles qui seront là sont assez rapides, donc c’est à moi de me battre. Mais ce n’est pas la peine de stresser car je cours à la maison.

Aimez-vous le stress ?

J’aime le stress positif, celui des grands championnats, mais pas celui qui met la pression comme quand ma mère est dans les tribunes. Celui-là, je préfère m’en passer. D’ailleurs, pour ce meeting, je n’ai pas invité ma mère !

Aborderez-vous ce meeting comme un bon moyen de casser la routine ?

Au début, je ne voulais pas faire de saison hivernale mais vu mon tempérament, mes entraîneurs ont voulu que je sorte au moins deux fois pour voir où j’en suis techniquement. Pour me faire du bien, aussi, car courir toute l’année, sans vraiment savoir où on en est, c’est un peu frustrant.

Vous êtes devenue en quelque sorte porte-drapeau des certaines filles dans les quartiers : est-ce un rôle important pour vous ?

Apparemment, je véhicule de belles valeurs donc quand je vois des filles qui prennent exemple sur moi, j’ai envie de continuer. J’arrive à allier le boulot, l’entraînement et la vie sociale donc si je peux être un bel exemple pour les autres, c’est tant mieux.

Dans votre vie, vous semblez accorder la même place à l’athlétisme qu’à votre activité de puéricultrice...

Les années précédentes, je donnais vraiment une part très importante au boulot. Là, c’est un peu moins le cas car il y a de belles échéances. J’ai vraiment tenu à être à la fois athlète et auxiliaire, de me sortir un peu la tête des entraînements. J’ai besoin de cet équilibre entre les deux mondes.

Cela a-t-il a été difficile au début de dire à votre entraineur que votre activité de puéricultrice pouvait prendre le dessus sur l’athlétisme ?

Il a toujours été compréhensif par rapport à ça. Il a fait en sorte que l’on ait chacun un autre monde pour s’épanouir, car l’athlétisme est un sport qui nécessite beaucoup de sacrifices. Et il est important d’avoir une autre bulle pour s’évader.

Vous avez commencé l’athlétisme tard : comment s’est passé votre première rencontre avec votre entraîneur, Olivier Darnal ?

C’était une journée d’été, ma sœur, qui faisait de l’athlétisme, m’a proposé de l’accompagner à l’entraînement. Donc j’ai participé à une séance avec elle, c’était pour m’amuser. J’ai fait un 200 m à fond et mon chrono était meilleur que celui de toutes les filles qui étaient licenciées. Olivier ne m’a donc plus lâchée et a insisté pour que je prenne une licence. Au début, je n’étais pas trop motivée mais petit à petit, il a su trouver les arguments.

Que représente l’olympisme pour toi ?

J’ai participé aux JO de Pékin avec le relais 4x100 mètres, et c’était une expérience géniale. Toutes les compétitions que j’ai pu faire après n’avaient pas le même degré d’intensité et de plaisir. Si j’arrive à me sélectionner individuellement, ce qui n’est pas encore fait, puis à courir aux JO avant d’aller chercher une médaille, je ne sais même pas si je pourrais décrire la sensation. Mais pour l’instant, je garde les pieds sur terre.

Le titre de l'encadré ici

Eaubonne, au bonheur des dames|||

Le jeudi 16 février à partir de 19h se tiendra le Meeting Fémina du Val d’Oise, premier rendez-vous d’athlétisme indoor exclusivement consacré aux athlètes féminines. Organisée dans  son département d’origine, Myriam Soumaré sera à la fois ambassadrice de cette réunion d’athlétisme et tête d’affiche, puisqu’elle s’alignera sur 60 m. A ses côtés figureront, notamment, Christine Arron et Muriel Hurtis.