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Un Lavillenie peut en cacher un autre

Valentin et Renaud Lavillenie

Valentin et Renaud Lavillenie - -

L’actuel n°1 mondial de la perche et favori pour les JO, Renaud Lavillenie, concourt parfois avec son frère Valentin. Plus petit mais tout aussi doué, le cadet pourrait bien faire parler de lui dans les prochaines années.

Il y a quelques temps, il n’était encore que simple spectateur. En 2011 à Bercy, Valentin Lavillenie se trouvait dans les tribunes lorsque son frère aîné Renaud a remporté le titre de champion d’Europe en battant le record de France en salle (6m03). Un souvenir émouvant pour le « gamin » qui marche dans les pas de son frangin, numéro 1 mondial et principal favori pour le titre aux Jeux Olympiques, à Londres (27 juillet-12 août). Car désormais, il est sur le tartan avec lui. Dimanche dernier, au meeting de Nancy, le petit Valentin, qui fêtera ses 21 ans le 16 juillet, participait à la même compétition que Renaud.

« C’est un concurrent comme un autre, sauf qu’on ne joue pas dans la même catégorie, précise le cadet. C’est plus ou moins deux concours à part parce que quand je finis mon concours, lui commence à peine. » A cause du vent, Valentin n’a réussi qu’un modeste saut à 5m03, tandis que son frère a réussi à s’élever à 5m73, remportant sa 11e victoire d’affilée. Le petit frère fait néanmoins partie des meilleurs Espoirs tricolores. Sacré vice-champion de France indoor dans sa catégorie, Valentin a battu son record personnel en sautant à 5m52 en juin dernier au meeting de Besançon, un résultat quasi équivalent à celui que réalisait Renaud au même âge (5m58).

« Renaud me donne des petits conseils »

« J’ai fait deux perfs de pointe cette saison : 5m50 aux interclubs et 5m52. Et derrière, je fais des trucs vraiment nuls », juge sévèrement le perchiste de poche (1,70 m, 65 kg) qui pointe au 7e rang français, ex-aequo avec Emile Denecker. Valentin s’agace de son irrégularité. Comme son grand frère, qu’il a rejoint en août 2011 à Clermont-Ferrand après une année auprès de Georges Martin, l’entraîneur de Romain Mesnil, il est perfectionniste. Mais la comparaison s’arrête là. Il ne veut surtout pas être assimilé à Renaud. « On n’est pas du tout pareils, on n’a pas les mêmes qualités, pas les mêmes défauts », assure Valentin, initié par son papa Gilles dans le jardin familial à Cognac.

Le cadet, qui rend 7 centimètres à son aîné et qui semble plus extraverti, possède en tout cas la même ambition : devenir le meilleur perchiste du monde. Présent cette saison aux meetings internationaux d’Ostrava, de Lille et de Liège, Valentin poursuit son apprentissage, en bénéficiant des conseils de Renaud. « A Ostrava, c’est lui qui m’a coaché, à Lille, c’est pareil. Il me donne des petits conseils. Il m’aide un petit peu », explique le petit Lavillenie. A Londres en revanche, il n’y aura que Renaud dans le stade olympique. Valentin, lui, sera dans les tribunes, comme à Bercy. Plus question de concurrence. Ce sera son premier supporter.

Sylvie Marchal (avec Rodolphe Massé)