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Audi, le coup de force

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Après une journée entière de course, l’Audi n°2 s’est imposée d’un souffle aux 24h du Mans, faisant fi des deux impressionnants accidents survenus la veille. Les quatre Peugeot se contentent de places d’honneur.

Il n’en restait plus qu’une. Et c’est elle, la dernière survivante des Audi, qui a franchi la ligne d’arrivée la première. Au lendemain des deux spectaculaires crashs ayant impliqué les Audi n°1 et n°3, le trio composé du Français Benoît Tréluyer, de l'Allemand André Lotterer et du Suisse Marcel Fassler a réussi son pari fou : terrasser les quatre Peugeot 908, qui terminent à des places d’honneur, entre la 2e et la 5e place.

Dans les paddocks sarthois, le team allemand pouvait exulter et hurler son bonheur. Rires, larmes et champagne, bien sûr, pour mettre de côté les grosses frayeurs de la veille. « A l’arrivée, j’ai beaucoup pleuré. Même si là, ça va mieux », glisse Benoît Tréluyer. Mais le Français n’oublie pas pour autant son coéquipier allemand, victime d’un terrible crash : « Là, je pense à Rocky (NDLR, Mike Rockenfeller) qui est à l’hôpital. Je sais qu’il va bien et ça me fait plaisir. On pense fort à lui. Chez Audi, ça se passe comme ça. Ici, il y a vraiment un esprit de famille », précise-t-il, encore touché par l’image de la voiture de son coéquipier, percutant les barrières à plus de 300 km/h.

Au-delà des différents chocs émotionnels vécus, le trio vainqueur n’a pas eu course facile. Loin de là. Pourtant, partis en pole position samedi, les trois pilotes du squad Audi sont constamment restés sous la menace des Peugeot. Et c’est d’un souffle que les trois compères se sont imposés. Treize secondes sur la ligne d’arrivée, du jamais-vu de mémoire récente sur le circuit manceau. Comme en Formule 1, les pilotes se sont livrés un sprint d’anthologie jusqu’au bout. Du grand art ! « C’était une course incroyable, confirme Sébastien Bourdais, l’ancien pilote de F1, deuxième sur la Peugeot 908 n°9. Il nous manque juste une marche. C’est forcément une grosse déception quand tu te tires la bourre pendant 24 heures et qu’il y a si peu d’écart à la fin. C’est un peu sec... Maintenant, il n’y a pas grand-chose à dire. On a été battu par plus fort que nous. »

Au palmarès de l’épreuve, Audi affirme un peu plus sa domination. En treize participations, c’est la dixième victoire pour l’écurie allemande. Un coup de force qui pourrait encore durer de longues années, tant Audi a fait de cette course légendaire une priorité de sa saison. Quels qu’en soient les risques…

Florian Fieschi avec S.O.