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Balavoine : une tragédie presque oubliée

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Le 14 janvier 1986, le chanteur populaire et Thierry Sabine, créateur du Dakar, disparaissait dans un accident d’hélicoptère. Vingt-cinq ans après, ils ne sont pas nombreux, dans le bivouac, à se souvenir du drame.

« Le pire est arrivé. L’hélicoptère de Thierry (Sabine, ndlr) est tombé. Ils sont tous morts. » A l’autre bout du fil, dans un hôtel de Bamako, Roger Kalmanovitz est sans voix. Sur le Dakar, il est l’un des premiers à être tenu au courant du terrible accident, de la voix d’un organisateur. Quelques minutes plus tard, il apprendra la nouvelle à la femme de Thierry Sabine, qui l’attend pour prendre le petit déjeuner.

« Bien sûr que je me souviens, glisse-t-il aujourd’hui. Comme si c’était hier… » Parmi les membres actuels de l’organisation du Dakar, il est le seul à avoir été là en 1986. Le passage de Balavoine sur le Dakar, alors que le chanteur était en pleine promo de son dernier album en France, ses derniers moments avec Thierry Sabine, le concours de circonstances qui a amené les deux hommes à se retrouver dans l’hélicoptère ce jour-là, le rapatriement des corps : il se souvient de tout avec une incroyable précision. Comme si ses souvenirs étaient gravés à jamais dans sa mémoire.

« Sur le bivouac, on sera quelques-uns à y penser… »

Cette année, les organisateurs ont pourtant décidé de « zapper » toute idée de commémoration. « Ce n’est pas zappé, tempère Etienne Smulevici, vingt-huit Dakar à son actif, dont celui de 1986. Les jeunes n’ont pas vécu ce moment. Vingt-cinq ans, c’est presque une génération. Ce n’est pas leur histoire, mais la mienne et celle de certains anciens. Sur le bivouac, on sera quelques-uns à y penser. »

Depuis le drame, il n’a jamais laissé passer un 14 janvier sans une pensée pour les cinq victimes, parmi lesquelles le pilote, un technicien radio et une jeune journaliste du JDD. « Pour moi, c’était quelque chose d’impossible, avoue-t-il. Mais à un moment, il faut se rendre à la brute réalité des choses. Le Dakar devait continuer. C’est un peu comme dans une famille, quand un être cher disparaît. Le monde ne s’arrête pas, mais les choses ne sont plus les mêmes. »

Le Dakar, qui se déroule désormais entre l’Argentine et le Chili, n’a même plus rien à voir avec le rallye tel qu’il se disputait dans les années 80. « Si Thierry Sabine n’était pas mort, je ne pense pas que le Dakar aurait perduré si longtemps, confie le photographe Eric Vargiolu, qui a couvert toutes les éditions. Il voulait faire autre chose et commençait déjà à en parler. » Le destin ne lui en a pas laissé le temps.

Le titre de l'encadré ici

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Un mort sur le Dakar
Première victime sur l’édition du Dakar. Il s’agit d’un automobiliste percuté dans la matinée par un concurrent de l’épreuve, l’Argentin Eduardo Amor (autos), jeudi matin sur la liaison de la 11e étape entre Chilecito à San Juan, en Argentine. Hospitalisé, Marcelo Reales (42 ans) n’a pas survécu à ses blessures. Amor est sorti indemne de l’accident, survenu à 10h10, 30 km après la sortie de la spéciale, près du village de Tinogasta, non loin du bivouac de Chilecito. Un hélicoptère et une voiture médicalisée sont intervenus. La victime est décédée dans l’hôpital de Tinogasta. La justice de la province de Catamarca a ouvert une enquête.