RMC Sport

Alonso voit la vie en rouge

L'Espagnol fait déjà l'unanimité au sein de la Scuderia.

L'Espagnol fait déjà l'unanimité au sein de la Scuderia. - -

Vainqueur du Grand Prix d’ouverture au Bahreïn, Fernando Alonso se sent déjà comme chez lui dans sa nouvelle écurie. A confirmer ce week-end en Australie.

« Famille ». Le mot vient systématiquement à la bouche de Fernando Alonso lorsqu’il évoque Ferrari. Accueilli comme le messie à Maranello, après une année décevante pour la Scuderia, l’Espagnol n’a pas lésiné pour réussir la greffe avec sa nouvelle équipe. Dès le Grand Prix d’ouverture, le double champion du monde (2005, 2006) s’est imposé il y a dix jours au Bahreïn.

Au bord des larmes tout en haut de son premier podium en rouge, il s’est à nouveau lancé dans une déclaration d’amour à ses nouveaux collègues de paddock. « C’était déjà spécial de gagner mais ça l’est encore plus de le faire avec Ferrari, qui a une telle histoire et où les attentes sont si fortes. C’est la meilleure manière de débuter une relation. Je suis dans la meilleure équipe du monde », a-t-il lancé avant de dédier sa victoire « au peuple italien, aux mécanos ici et au président (de Ferrari, Luca) di Montezemolo ». L’homme qui lui a permis de réaliser son rêve de conduire une voiture siglée du cheval cabré.

La relation entre Alonso et le l’Italie remonte à plus d’une décennie. A quinze ans à peine, le jeune pilote de l’époque avait pris la lourde décision de s’exiler dans le championnat de kart transalpin. Un périple qui a nourri sa passion pour la Scuderia et lui a permis d’apprendre la langue de Dante. « Cela a été un atout précieux pour son intégration, estime Luca Colajanni, le directeur de la communication de Ferrari. Depuis son arrivée, il parle beaucoup et avec tout le monde, pas seulement son équipe d’ingénieurs et de mécaniciens. »

Tambay : « Chez Ferrari, tu mets ton ego dans la poche »

Dès ses premières interventions devant le personnel de Maranello en fin d’année dernière, Alonso a su se faire adopter. En janvier, le pilote de 28 ans a même juré que Ferrari serait la dernière étape de sa carrière. « Comment trouver la motivation dans une autre écurie quand on a couru pour Ferrari ? », interroge celui auquel son père a interdit de prendre sa retraire avant de relever ce défi. « Il m’a dit : "Si tu conduis pour Ferrari, les gens oublieront tes deux titres mondiaux et ne se rappelleront de toi que comme un pilote Ferrari", confiait-il en février au Guardian. Je crois qu’il a raison et c’est une sensation incroyable. »

Après deux saisons pénibles chez Renault, le Taureau des Asturies est à nouveau prêt à charger. Ce sont d’ailleurs son charisme et son tempérament, tout autant que son talent, qui ont poussé Ferrari à s’attacher ses services plus tôt que prévu, résiliant à grands frais (près de 17 millions d’euros) la dernière année de contrat de Kimi Räikkönen.

Seul bémol, son équipier Felipe Massa n’a pas le profil d’un numéro deux et ne lui facilitera pas la tâche. « La rivalité existe mais chez Ferrari, l’intérêt de l’équipe est plus fort que l’intérêt personnel, explique Patrick Tambay, pilote de la Scuderia entre 1982 et 1983. On te fait tout de suite comprendre que le poids de l’histoire est derrière toi et que tu n’es qu’un élément parmi d’autres. Ton ego, tu te le mets dans la poche même s’il est surdimensionné comme celui d’Alonso et Massa. » C’est aussi ça, la vie de famille.

S.C., avec A.A. en Australie