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Boullier : « Renault jouera les premiers rôles »

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A 36 ans, Eric Boullier a été nommé ce mardi directeur d’équipe de Renault F1. L’ingénieur français affiche ses ambitions.

Eric, que ressentez-vous après votre nomination ?
Tout d’abord une grande fierté. Être le représentant d’une marque aussi prestigieuse que Renault, c’est un rôle important. C’est aussi un gros challenge, donc j’ai déjà un peu la tête dans le guidon.

Quels sont les objectifs de Renault F1 pour la saison à venir ?
On a le potentiel pour réaliser de belles choses. Parler du titre de champion du monde me semble un peu prématuré. Mais en tout cas, on jouera les premiers rôles.

Qu’est ce qui pousse Renault à continuer en F1 malgré des moyens limités ?
Les moyens sont certes en train de se limiter, mais la F1 reste une plateforme incroyable et un outil médiatique impressionnant. C’est un endroit où il faut être. Le niveau est tellement élevé que les retombées sont toujours satisfaisantes.

D’un point de vue personnel, que pensez-vous pouvoir apporter à cette écurie ?
Il y a eu une saison 2009 un peu tourmentée. La F1 est en train de prendre un virage important en termes de positionnement. J’ai été recruté car les dirigeants voulaient quelqu’un du sérail pour travailler sur le fond et remettre l’équipe en confiance. La saison dernière a été difficile. Le moral de l’équipe en a pris un coup. Aujourd’hui, les salariés sont contents de savoir que leur avenir est pérennisé.

Renault ne possède plus que 25% de Renault F1 Team. Peut-on imaginer un désengagement total de Renault dès l’an prochain ?
Pas du tout. Ce n’est pas la stratégie de Renault. L’entreprise souhaite rester en Formule 1. Elle avait simplement besoin de changer les formes de management en apportant du sang neuf. Aujourd’hui, la société est gérée en partenariat et non plus uniquement sous le régime Renault. Il y avait une rupture à faire. Il fallait trouver des synergies différentes. D’où l’arrivée de Genii Capital (société luxembourgeoise spécialisée dans les nouvelles technologies ndlr).

Au moment de son entrée chez Renault, Genii Capital a annoncé vouloir être rentable cette année en F1. Est-ce possible selon vous ?
Il a été clairement annoncé qu’il n’était pas question de gagner de l’argent en F1. L’idée est que la F1 s’équilibre et serve de plateforme à d’autres business qui devraient eux être rentables grâce son appui.

Le Tribunal de Grande Instance de Paris a annulé ce mardi les sanctions de la FIA à l’encontre de Flavio Briatore (le dirigeant italien avait été exclu de la F1 pour une durée indéterminée suite au scandale du Crashgate). Que pensez-vous de cette décision ?
Ça ne me regarde pas. C’est une affaire entre la FIA et Flavio Briatore.

Robert Kubica sera l’un des pilotes Renault cette saison. Avez-vous avancé sur le recrutement du deuxième ?
Nous avons avancé. Mais nous sommes encore loin de pouvoir divulguer son nom. J’espère que ça sera le cas dans une quinzaine de jours. Nous disposons d’une liste de cinq pilotes. Pour l’instant, rien n’est encore décidé.

Y-a-t-il des Français dans cette liste ?
Il y a encore un Français en lice. Mais c’est celui qui a le moins de chances d’être retenu.

La rédaction - Clément Zampa