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Carton rouge pour Grosjean

Romain Grosjean

Romain Grosjean - -

Pris dans un impressionnant carambolage au départ du Grand Prix de Belgique, Romain Grosjean a été exclu du Grand Prix d’Italie, qui aura lieu le week-end prochain. Une décision extrêmement rare dans le monde de la F1.

Romain Grosjean risquait gros... Et ça n’a pas manqué. Impliqué dans un impressionnant carambolage dès le départ du Grand Prix de Belgique, le Français a été exclu du prochain Grand Prix, qui aura lieu à Monza (Italie) le week-end prochain, une sanction accompagnée d’une amende de 50 000 euros. Une décision extrêmement rare en Formule 1, qui pourrait rappeler, à un degré moindre, l’exclusion du championnat de Michael Schumacher en 1997, pour un accrochage avec Jacques Villeneuve. Après un bon départ sur ce circuit de Spa, le pilote Lotus bloque Lewis Hamilton sur la droite, avant de le toucher et perdre le contrôle de sa monoplace dans le premier virage, à « La Source ». Les conséquences sont immédiates puisque la voiture du Français s’envole juste au au-dessus de la tête de Fernando Alonso. Les trois pilotes, ainsi que Sergio Pérez, sont immédiatement contraints à l’abandon.

Si l’image spectaculaire du carambolage est marquante, la décision l’est tout autant. Une sanction qui n’est d’ailleurs pas facile à accepter pour le Français, déboussolé et effondré. « C’est un peu le ciel qui vous tombe sur la tête. J’accepte mon erreur, qui est petite à la base mais qui a une grosse incidence, avoue le champion du monde de GP2, au bord des larmes. C’est une pénalité très dure. On sait que ‘‘La Source’’ est réputée pour être un virage chaotique. Ce n’est pas intentionnel, il n’y a pas eu de coup de volant de ma part. Je pensais franchement être devant Lewis. Ce n’était pas le cas… J’ai mal jugé l’écart de vitesse. Heureusement tout le monde va bien, c'est le plus important. »

Boullier : « Grosjean va devoir se calmer »

Mais la fougue de Romain Grosjean commence à agacer, à l’image de Lewis Hamilton, qui n’a pas hésité à se précipiter sur le Français après le « crash » pour s’expliquer. Il est vrai que le natif de Genève n’en est pas à son coup d’essai. Contraint à l’abandon dès les départs des Grands Prix d’Australie (accrochage avec Maldonado) et de Malaisie, le pilote français va certainement devoir se calmer, comme l’explique Eric Boullier, manager de l'écurie Lotus. « Quand on voit l’accident et la voiture passer devant le casque d’Alonso, ça fait peur, reconnait-t-il. Romain a une part de responsabilité dans la touchette avec Lewis Hamilton. Ça devient nécessaire de devoir calmer Romain sur ses départs. »

Une erreur de trop pour les commissaires de la FIA, qui surveillaient depuis quelque temps les départs rugueux du « coupable » et qui ont considéré cette faute « comme une violation sérieuse des règlements ». « Elle aurait pu entraîner des blessures chez d'autres pilotes », indique le communiqué officiel. Lotus ne devrait d’ailleurs pas faire appel de cette sanction. Les ingénieurs de l’écurie britannique ont expliqué à leur pilote qu’un appel était possible mais que la sanction risquait d’être alourdie (avec le danger de perdre ses points). Romain Grosjean a alors stoppé tout le monde en disant que la priorité était l’équipe et qu’il valait mieux mettre un autre pilote dans la monoplace à Monza. Le Belge Jérôme d'Ambrosio, troisième pilote Lotus, devrait être « l’heureux » élu…

Alexandre Mispelon avec Antoine Arlot