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Comment Liberty Media révolutionne la F1

DEPART GP RUSSIE

DEPART GP RUSSIE - AFP

Nouveau propriétaire de la Formule 1 depuis 2017, Liberty Media, le groupe américain spécialisé dans l’événementiel a entamé une petite révolution de palais dans le sport automobile le plus populaire au monde. Avec un triple objectif: moderniser la compétition, assurer le spectacle et cibler la jeune génération.

La saison de Formule 1 ne fait que démarrer ce week-end du côté de Melbourne, mais pour le groupe américain Liberty Media, le show de la F1 est en pleine refondation depuis déjà un an. 2017 était en effet la première année de la firme dirigée par le milliardaire Paul Malone, aux manettes de la discipline reine du sport automobile. Après avoir racheté les droits de la F1 pour 4,4 milliards de dollars, le temps est venu d’accélérer. Depuis sa reprise en mains, la volonté des Américains a été clairement affichée: rompre avec les méthodes ancestrales.

Les conférences de presse en mode confrontation

Premier exemple: Les conférences de presse. Elles ont largement évolué, dans la forme en tout cas. Désormais, deux pools de trois pilotes se "confrontent" aux questions des journalistes. Le but est de faire connaître l’ensemble du plateau, pour ensuite réutiliser du mieux possible l’image des pilotes. La finalité est surtout d’attirer les projecteurs sur les "stars" de la F1. Il n’est ainsi pas rare de les retrouver sur des posters géants, tout le long des circuits.

Une présentation des pilotes façon NBA

Sur certains Grand Prix, la mise en scène tranche avec le côté pâle de l’ère Bernie Ecclestone. La manche américaine, disputée sur le circuit d’Austin, a ainsi vu une présentation des pilotes inédite. A la manière d’un match de gala en NBA. Tout va donc dans le sens d’une starification des pilotes. Ils deviennent les véritables ambassadeurs de la discipline et véhiculent l’image de marque de la Formule 1.

Des tribunes réservées aux fans

Au niveau de la vente de billets, la F1 évolue petit à petit. Sur certains Grand Prix, elle prend même exemple sur ce que fait le Moto GP. Certaines tribunes sont ainsi réservées par des groupes de supporters. En moto, certaines butes sont entièrement jaunes, acquises à la cause de Valentino Rossi. A Spa notamment, une marée jaune a déferlé dans la ligne droite qui suit le raidillon. Les fans de certains pilotes ou de certains teams sont donc réunis ensemble.

Des shows urbains pour redynamiser la discipline

En marge de certains Grand Prix, des shows sont organisés pour populariser au maximum une discipline qui ne suscite que peu d’intérêt de la part de la jeune génération. C’était le cas en 2017 dans les rues de Trafalgar Square où un show F1 important a eu lieu quelques jours avant Silverstone.

Les réseaux sociaux, canal de communication privilégié

Au niveau de l’image, Liberty Media a aussi fait sa révolution. Prenant conscience de l’importance des réseaux sociaux. Enormément de contenus vidéos sont publiés sur ces plateformes depuis trois ans. Une stratégie insufflée sous l’ère Bernie Ecclestone, mais renforcée depuis que les Américains sont devenus propriétaires de la F1. Des accès privilégiés sont donnés à voir aux fans, comme le briefing des pilotes, lors duquel tous les pilotes sont tenus d’être présents.

Horaires modifiés, réduction des essais et changement de règlementation

Changements d’horaires aussi pour le départ des Grand Prix qui montre une fois de plus cette recherche d’une visibilité accrue. Mais la F1 compte aller plus loin, toujours dans une optique de spectacle. Comme le passage envisagé à 25 courses dans quelques années, au lieu des 21 prévues aujourd’hui entre mars et novembre. La réduction des essais lors des week-ends de Grand Prix, ou encore la réglementation. Les Américains souhaitent notamment plafonner les budgets pour rendre les courses plus attractives. Les grands constructeurs sont contre. La révolution est en marche.

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Lucas Vinois (avec GM)