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F1: le Grand Prix de France vers une annulation plutôt qu'un report

Menacé par les annonces du président de la République, qui interdit les événements avec un public nombreux au moins jusqu’à la mi-juillet, le Grand Prix de France, censé ouvrir la saison de Formule 1 le 28 juin, pourrait être annulé..

Si aucune décision n’a pour l’instant été prise après l’allocution d’Emmanuel Macron, le Grand Prix de France (prévu le 18 juin, dans le Var), censé ouvrir la saison de Formule 1, est plus proche d’une annulation que d’un report. L’annulation, si elle est officialisée dans les jours voire les semaines qui viennent, sera devenue obligatoire en raison des mesures prises par le gouvernement pour ralentir la propagation du Covid-19. Et non pas parce que les organisateurs l’auront décidé. Le report du Grand Prix de France est difficilement envisageable à ce jour, et ce pour plusieurs raisons.

Le circuit Paul Ricard sur lequel la course est disputée, est extrêmement utilisé. Le Grand Prix de France loue la piste pour pouvoir organiser son week-end de course. Si jamais il est reporté à une date ultérieure, le choix qui sera effectué devra coïncider à la fois avec le nouveau calendrier de la F1 et avec la disponibilité de la piste. Dans l'éventualité où la piste ne serait pas libre, par exemple, il faudrait payer très cher pour exonérer la ou les disciplines qui avaient prévu un événement sur le tracé varois à ce moment-là.

Le huis clos est inenvisageable

D’autre part, pour figurer au calendrier du championnat du monde de Formule 1, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée. Tous les Grands Prix paient, sauf Monaco qui dispose d’un statut particulier. En outre, la France fait partie des pays qui payent le moins. Si peu de courses sont organisées cette saison, nul doute que la F1 va se tourner vers les plus gros payeurs (Vietnam, Azerbaïdjan, Bahreïn, Abu Dhabi) afin de limiter les pertes financières. Quid du huis clos? La F1 n’y est pas farouchement opposée.

En effet, elle avait prévu cela à Bahreïn avant l’annulation. Surtout, organiser les Grands Prix, même à huis clos, permettrait d’aller chercher l’argent des diffuseurs. Si quinze courses sont organisées, les diffuseurs devront payer à 100%. Le montant serait moindre dans le cas inverse. Mais pour le Grand Prix de France, organisé grâce à des fonds publics, il est impossible d’organiser l’événement sans aucun spectateur. Financièrement, il ne peut se le permettre car la majorité de ses revenus proviennent de la billetterie.

QM avec Lucas Vinois