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F1 - Mais qui est l’homme qui veut racheter Lotus ?

Mansoor Ijaz

Mansoor Ijaz - -

En pleine crise économique, Lotus F1 Team serait en passe d’être racheté à hauteur de 35 % par un ensemble d’investisseurs emmené par l’homme d’affaires américain, Mansoor Ijaz. Mais l’intéressé tarde à verser les quelque 100 M€ requis. Portrait.

Si Pape Diouf était un intime du propriétaire de Lotus, Gérard Lopez, il lui aurait certainement parlé de Jack Kachkar. Mais oui, souvenez-vous ! Cet homme d’affaires canadien devait racheter l’OM en 2007, se présentant même au Vélodrome, face aux supporters, écharpe du club autour du club avant… Une reprise qui vira au fiasco puisque Jack Kachkar n’a jamais racheté l’OM, la faute à de fausses garanties bancaires présentées à l’époque à Robert-Louis Dreyfus. Mais quel est le rapport avec Lotus ? Eh bien l’écurie britannique est peut-être en passe d’avoir son propre Jack Kachkar.

Le fautif ? Mansoor Ijaz. Un homme d’affaires américain, marié à une Française prénommée Valérie, propriétaire d’une agence immobilière à Villefranche-sur-Mer, père d’un petit garçon et détenteur d’une villa sur la Côte d’Azur. C’est cet homme qui, en principe, doit racheter 35 % de Lotus F1 Team avec des investisseurs en provenance de pays du Golfe. « L'argent est là, nous avons réalisé un triple audit pour le vérifier », a encore rappelé à Abu Dhabi, le patron de l’écurie Eric Boullier, tentant ainsi d’écarter toute suspicion sur le crédit réel de ce mécène. Mais quinze jours se sont depuis écoulés et pas le moindre euro n’a ricoché dans les caisses de l’équipe. Une situation d’autant plus problématique que Mansoor Ijaz, qui clamait à l’époque haut et fort que tout était réglé, aurait dû verser l’argent dans les 48 heures.

Des paroles en l

Pourtant, Ijaz a déversé un flot de promesses. Lors d’une conférence de presse improvisée, l’Américain s’est par exemple excusé au nom de Lotus de ne pas avoir payé Kimi Räikkönen alors qu’il ne possède aucune fonction officielle au sein de l’écurie ! Dans le même genre, il a affirmé faire de Nico Hülkenberg sa priorité… Beaucoup d’intentions et de paroles en l’air, donc, mais peu d’actes concrets. De quoi sérieusement entamer la patience de Lotus. « Ils ont fait l’annonce que l’accord était conclu (à Abu Dhabi, ndlr) de leur propre initiative. Ce n’est pas le cas. Il doit encore se faire, éventuellement, a rappelé Gérard Lopez, le week-end dernier en marge du GP des Etats-Unis, sur le site internet Autosport.com, un brin agacé par les déclarations d’Ijaz à Abu Dhabi. Nous avons toujours dit que nous cherchions les bons partenaires, les bonnes options. Quantum semblait être les bons. Que cela se fasse ou non, je ne sais pas mais nous ne pouvons plus attendre très longtemps ».

En attendant, Ijaz continue de tout se permettre. Comme de recevoir des journalistes dans le bureau d’Eric Boullier le week-end passé aux Etats-Unis, ou de s’imposer sur la photo de groupe de l’écurie après la deuxième place de Romain Grosjean. Mais ce n’est pas tout. Non seulement ce mystérieux mécène éprouve toutes les peines du monde à honorer ses engagements, mais son passif est aussi lourd qu’un assortiment de casseroles.

Du catch féminin à la F1 ?

En octobre 2011, il avait beaucoup fait parler de lui en déclenchant un scandale d’Etat (le Memogate) au Pakistan, pays dont il est originaire. A l’époque, il avait révélé dans la presse américaine que le Pakistan avait demandé l’aide des Etats-Unis pour prévenir un coup d’état militaire, avant d’être appelé à témoigner devant la cours suprême pakistanaise. « Pour rien au monde, je ne manquerai ce rendez-vous avec le destin » avait-il alors déclaré. Et pourtant, il n’est jamais passé à l’acte. La raison ? Selon lui, sa sécurité au Pakistan n'était pas assurée, même si le gouvernement lui garantissait le contraire. Après deux refus de s’y rendre, il a finalement enregistré sa déposition depuis Londres. L’affaire en question a ensuite été enterrée. Dans un article publié par le site internet de la BBC au moment des faits, il avait été qualifié « d’affairiste, rarement loin des controverses »…

Toujours soucieux d’être vu et reconnu, Ijaz aime discuter avec la presse, leur révélant avec beaucoup d’assurance des infos en « on » ou en « off ». Ces dernières semaines, il l’a beaucoup fait dans les coulisses de la Formule 1 auprès de journalistes « repérés » comme s’intéressant à lui et à son business. Il faut dire que Mansoor Ijaz connait bien la presse. Lui-même a été… commentateur sportif ! Et pas de n’importe quel sport puisque sur internet, on le voit notamment commenter un match de… catch entre femmes nues ! S’il a bien authentifié le document, Ijaz a néanmoins évoqué un complot contre lui ! Pas sûr que Lotus, en quête de quiétude après le feuilleton Räikkönen, ait vraiment besoin de ce type d’excentricité. L’écurie franco-britannique a d’ailleurs d’ores et déjà enclenché un « plan B » en entamant des négociations avec le pétrolier vénézuélien PDVSA qui finance la carrière de Pastor Maldonado.

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La rédaction