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F1 : pourquoi Lotus est à la rue

Romain Grosjean au volant de sa voiture Lotus

Romain Grosjean au volant de sa voiture Lotus - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Les deux pilotes Lotus n’ont pas pu finir les essais libres avant le Grand Prix de Malaisie ce vendredi. Une situation qui fragilise encore un peu plus l’écurie de Romain Grosjean, déjà touchée par son retard dans sa préparation hivernale et ses restrictions financières.

Cette journée de vendredi a été catastrophique pour l’écurie Lotus. L’équipe de Romain Grosjean n’a quasiment pas pu rouler sur les deux premières séances d’essais libres précédant le Grand Prix de Malaisie, à cause de problèmes techniques à répétition. Après cette déconvenue, Grosjean ne cachait pas sa frustration. « C’est un peu la bérézina, a expliqué le Français dans le paddock du Grand Prix de Malaisie. On voulait faire des tours aujourd’hui. Et ce matin, en arrivant, nous avons eu un problème avec Renault puisqu’ils ont amené sur leur moteur une évolution qui ne fonctionnait pas du tout. Ensuite, en essais libres 2, c’est la boîte de vitesses qui a connu des problèmes. » Lotus s’inquiète et a de quoi puisque l’écurie britannique a déjà connu un premier échec il y a quinze jours, lors du premier Grand Prix de la saison à Melbourne. Les deux pilotes (Romain Grosjean et Pastor Maldonado) avaient tous deux dû abandonner. Pourtant, Federico Gastaldi, récemment nommé au poste de team principal adjoint de Lotus, ne se décourage pas : « Nous travaillons très dur avec Renault en essayant de trouver des solutions pour le week-end et afin d’aller de l'avant pour la prochaine course ».

Une préparation en retard

Pour comprendre le tâtonnement de Lotus, il faut remonter à la préparation hivernale. Les écuries testent toutes leurs nouvelles voitures et essaient de s’adapter aux nouvelles contraintes technologiques. Toutes sauf… Lotus, grande absente de la première séance d’essais hivernaux, fin janvier à Jerez. Depuis, l’écurie d’Enstone traîne comme un boulet ce retard d’au moins un mois. Résultat : en ce début de saison, Lotus est plus en phase de mise au point et de tests qu’en réelle compétition. Ses concurrents prennent de l’avance et l’écurie de Grosjean est à la traîne.

Limitation financière

Pour ne rien arranger, l’équipe britannique a perdu certains cadres pendant l’hiver, dont Eric Boullier, parti pour diriger McLaren. L’écurie a aussi perdu des ingénieurs de renom, comme le Britannique Ciaron Pilbeam, qui était l’ingénieur en chef et qui est lui aussi parti chez McLaren. En cours de saison 2013, c’était James Allison (directeur technique) qui avait pris le chemin de Ferrari. Le problème majeur étant que le recrutement fut minimaliste. Ainsi, la plupart des ingénieurs partis n’ont pas eu de successeurs. Mais l’exemple le plus parlant est le remplacement d’Eric Boullier. Lotus a promu en catastrophe l’Argentin Federico Gastaldi, quelques heures avant le premier GP de la saison. Le nouveau patron était déjà présent au sein de l’équipe anglaise depuis plusieurs années, mais en tant que directeur du développement des affaires. Ce poste est assez éloigné de la piste et du muret des stands, où il est désormais installé. Ainsi, la recherche d’un « vrai » patron sportif à Lotus est un peu à l’image de sa recherche d’une bonne voiture. Personne n’a encore trouvé...

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La rédaction