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Grosjean : « Ce n’est pas aussi fun qu’avant »

Romain Grosjean

Romain Grosjean - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

EXCLU. S’il est moins virulent que Sebastian Vettel, Romain Grosjean reconnaît lui aussi que le plaisir est moindre avec les nouveaux moteurs. Le Français, dont l’écurie Lotus est à la peine, était l’invité du Moscato Show ce vendredi.

Romain Grosjean, ce début de saison est très difficile à gérer...

C’est compliqué pour tout le monde et c’est une course à la technologie. On doit la comprendre. Il y a beaucoup de choses qui sont censées communiquer ensemble mais qui ne le font pas toujours. Il y a par exemple le turbo, les systèmes de récupération d’énergie, les freins électriques à l’arrière de la voiture. Des fois, ça fait des mauvaises surprises. Maintenant, plus on va avancer, plus ça ira dans le bon sens et moins on aura de mauvaises surprises.

Etes-vous soucieux ?

On ne commence pas le week-end en se disant : on va faire tant de tours en essais libres, tant de tours en qualifications. On essaie d’être un peu plus ouvert en se demandant comment on va avancer, quels sont les problèmes qu’on peut rencontrer. On sait qu’en Malaisie, il fait super chaud et super humide. C’est très dur pour le refroidissement des voitures et ça, ça risque d’être un gros problème lors du Grand Prix dimanche.

Les nouveaux moteurs sont critiqués...

On n’a pas encore assez de recul pour savoir ce que ces nouveaux V6 vont nous apporter. Après le Grand Prix de Melbourne, j’étais un peu frustré en me disant : ce n’est pas drôle de lâcher les gaz au milieu de la ligne droite pour essayer de sauver de l’essence et récupérer de l’énergie. Ce n’est pas aussi fun qu’avant. Encore une fois, c’est une nouvelle technologie et je ne veux taper dessus d’entrée. Il faut laisser un peu de temps à tout le monde pour comprendre comment ça va fonctionner. Ça peut être une bonne surprise dans le futur. Après, c’est vrai que ça manque un peu de bruit.

Le son du moteur a changé. Même pour le spectateur, ça semble moins intéressant...

Personnellement, pour mes tympans, c’est plutôt une bonne chose. Mais quand on roule, c’est un manque et pour les spectateurs aussi. Après, il y a des choses plus sympas. Quand Ricciardo à Melbourne est passé devant et a fait le meilleur temps à deux minutes de la fin, le public s’est levé et a crié. On l’a entendu et ça, c’est quelque chose qu’on n’avait pas l’habitude avant. Mais quand on est en compétition, au départ, ça manque de vibrations et de sons. Pour le moment, on tourne à 12 000 ou 13 000 tours/minute, avec les moteurs. Après, si on tourne à 14 000, on aura un peu plus de bruit.

Quels sont vos objectifs en Malaisie ?

Il faut essayer de continuer à travailler pour progresser. Espérer que tout ce qu’on a amené, fonctionne. Maintenant, c’est vrai que j’aimerais vous dire que je veux remporter la course. Je suis là pour ça sur le papier. Mais il faut se dire qu’on a encore beaucoup à apprendre. J’aimerais revenir en termes de performance, finir la course et me rapprocher au maximum des points. Et avoir une voiture qui progresse, qui performe bien et qui me permet d’espérer pour le prochain Grand Prix.

On se dit que tout peut arriver cette année...

On n’est pas vraiment bien fixé sur les performances des équipes. Mercedes vous dirait que les équipes motorisées par eux ont un avantage, mais ils ne sont pas à l’abri d’avoir des problèmes. On l’a vu avec Hamilton, qui est tombé en panne après cinq tours de course. On a vu une Red Bull fonctionner très bien avec Ricciardo et moins bien avec Vettel. On ne maîtrise pas encore tout sur ces technologies. Ça laisse pas mal de surprises et de rebondissements, ce qui est sympa d’un côté. Mais quand on est dans la voiture, ça l’est un peu moins.

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La rédaction