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Grosjean : « Tout le monde y a cru »

Romain Grosjean

Romain Grosjean - -

C’est un Romain Grosjean lucide et enthousiaste qui est revenu sur sa 3e place acquise au Grand Prix du Japon. Sur son excellent départ aussi et son leadership durant la course, qui lui ont longtemps fait espérer un premier succès en F1.

Romain Grosjean, quelle course ! Vous avez réalisé un départ de rêve...

Ce n’était pas comme l’an dernier (sourires). C’est certain. Au moment où j’ai lâché l’embrayage, j’ai senti que la voiture partait. Je me suis dit "Come on ! On y va, on y va, on y va !" J’ai mis la 2e, le KERS, tout ce que j’avais. Et là, je regarde dans mes rétros et je vois qu’il n’y a plus personne. Ensuite, je vois qu’il y a une Red Bull derrière moi. Je me dis ‘fais attention à tes pneus’. Je savais qu’on voulait aller au niveau du tour 15. Finalement, j’arrive même à prendre de l’avance. Là, je me dis ‘Ouah, qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? Vas-y, concentre-toi et roule bien’. Mark (Webber) s’arrête un peu plus tôt que ce qu’on avait pensé. On s’arrête le tour d’après. La performance en pneus durs était malheureusement moins bonne qu’hier. C’était difficile de garder la voiture dans un rythme aussi élevé qu’on l’aurait voulu.

Il y a eu les pneumatiques durs moins performants mais aussi la vélocité de Sebastian Vettel.

Sebastian aujourd’hui était beaucoup trop rapide pour nous. On n’avait même pas prévu de battre les Red Bull sur la stratégie d’avant-course. Et puis en fin de Grand Prix, j’étais un peu dégoûté du trafic. Le drapeau bleu ne fonctionne pas bien. Mark en profite, me double et je perds la 2e place. Mais ce qu’il faut retenir aujourd’hui, c’est qu’on a mené la moitié de la course et qu’on était là à se battre avec les meilleurs.

Justement, vous avez été en tête très longtemps. Tout le monde a cru à votre succès aujourd'hui.

Oui, tout le monde y a cru. On avait de belles chances. On a fait un travail splendide. On avait le soleil dans les yeux. Sur pas mal de virages, c’était assez compliqué. Il fallait rester concentré, ne pas laisser les autres rentrer dans la zone DRS, faire attention à ses pneus et donner le meilleur.

Vous vous arrêtez quatre ou cinq tours après Webber mais neuf tours avant Vettel. Vous vous retrouvez un peu entre les deux et finalement battu par les deux pilotes Red Bull. Avez-vous des regrets sur la stratégie adoptée ?

La longueur du deuxième relais était celle que l’on avait prévue. On ne savait pas quels pneus on allait utiliser. On s’est juste arrêté deux tours plus tôt que prévu sur le premier relais. On était obligé de s’arrêter pour faire au mieux, entre la dégradation des pneus et la durée de vie de ceux qui nous restent sur la fin. Honnêtement, on a fait ce qu’on pouvait faire de mieux et il n’y a rien à revoir sur la stratégie.

« Là pour gagner des courses »

Vous avez longtemps résisté à Vettel et à Webber.

C’était clair que je n’allais pas céder ma deuxième place, que j’allais résister et tout donner, sans faire de bêtises non plus bien sûr. Seb était tellement plus rapide que ça allait être compliqué. Mark l’était un peu moins. Ils avaient aligné une dizaine de tours. Je savais qu’ils allaient dégrader à un moment. Ce n’était pas leur force aujourd’hui. C’est pour ça… quand on est tombé sur ce train de retardataires, j’étais un peu dégoûté.

Ça fait quoi d'être le seul pilote à rivaliser avec les Red Bull ?

Je l’ai dit depuis le début du week-end : je suis là pour gagner des courses. C’est pour ça qu’on prend le départ. On est stressé un petit peu, on a de l’adrénaline. Le week-end se construit mais on a envie de faire des pole positions, de gagner des courses. On a envie d’en vivre plus des week-ends comme ça, donc je donne le meilleur de moi-même. Je suis sur un très bon rythme et des bons moments avec l’équipe. On va essayer de continuer à avoir ça jusqu’à la fin de la saison. Il reste quatre courses et autant d’occasions d’aller faire de bons résultats.

Est-ce que cette course est la plus aboutie de votre carrière en F1 ?

C’est en tout cas l’une des courses où l’on a été le plus proche de la victoire. On a mené la course, on a fait un super départ, on a fait un super travail, on a tiré 100 % de la Lotus. Quand on voit l’écart entre moi et le quatrième, il est de 35 secondes. C’est quasiment deux arrêts aux stands. C’est monstrueux.

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La rédaction