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J. Villeneuve : « Je vise la Formule 1 »

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Révélée par le magazine allemand Auto Motor und Sport, la création de l’écurie Villeneuve Racing semble en bonne voie afin de devenir la 13ème écurie de Formule 1. Rencontré en exclusivité le week-end dernier sur le Circuit de Mont-Tremblant situé au Nord de Montréal, où il débuta en pilotage, Jacques Villeneuve a accepté de se confier.

Que se passe-t-il pour toi cette année ?
J’ai effectué quelques courses de Nascar et je travaille fort sur les programmes. Je dois aussi aller courir en Australie avec les V8 en fin d’année. C’est une course d’endurance où nous sommes plusieurs à être invités, et ça me permet de découvrir ces voitures-là. J’ai aussi commencé à travailler fort l’an dernier sur la Formule 1 et ça a failli fonctionner. Je m’étais fixé jusqu’à 2011. Il me reste donc quelques mois. Si ça fonctionne, tant mieux, sinon il faudra mettre une croix dessus, tout simplement.

Est-ce qu’il y a un manque à ne pas effectuer un Championnat complet ?
Oui, ça manque ! Mais j’étais très occupé à élever mes enfants, j’avais d’autres priorités pendant un petit moment. Pour l’instant, je vise la Formule 1 ou le Nascar.

Il y a beaucoup d’attention et de pression sur ton retour en F1. Attends-tu qu’un de tes compatriotes puisse y arriver ?
Je ne suis pas encore à la retraite, donc non (rires). Mais c’est vrai que le sport automobile à pris une claque au Canada, un peu comme en France. Les problèmes ont été assez semblables et ça a vraiment coupé les pattes à tous les élans de la course auto ici. C’est en train de reprendre un peu de vitesse maintenant, mais ça va prendre un certain temps pour rebâtir.

As-tu des regrets sur ce qui a été ton parcours jusqu’ici ?
L’expérience du Mans, avec Peugeot, fut bonne. Malheureusement, l’année où j’y ai participé, nous avons réussi à perdre la course, ce qui fut plutôt énervant. On prend des décisions qui ne s’avèrent pas toujours bonnes. Lorsqu’on doit décider, on a rarement toutes les cartes en mains, donc je n’ai pas vraiment de regrets.
C’est vrai, cependant, que le second contrat chez BAR en F1 a été coûteux côté carrière, mais ça semblait être le bon pari à ce moment-là. L’équipe a d’ailleurs constamment terminé sur les podiums l’année suivante.

« J’espère que quelqu’un avait prévenu Michael »

Que t’inspire le retour de Michael Schumacher sur la scène de la F1 ?
J’espère qu’il va faire de meilleurs résultats. Ca n’a pas l’air de bien fonctionner et ce n’est pas toujours de sa faute entre les problèmes mécaniques ou parfois la sortie des stands. La critique est facile et il fallait s’y attendre. C’est quelque chose de très européen. En Amérique du Nord, une fois que quelqu’un a accompli quelque chose et qu’il devient un héros ou un champion, il va le rester et les gens vont continuer à le respecter. Or en Europe, la première occasion est bonne pour cracher sur quelqu’un, tout le monde s’en donne à cœur joie, c’est un petit peu dommage. Cela cause des dégâts au sport.

Tu t’attends au même traitement si tu reviens ?
Et bien oui, cela fait partie du métier. J’espère que quelqu’un avait prévenu Michael que ça allait arriver.

Tu suis donc tous les Grands Prix ?
Oui, pour voir ce qui se passe, surtout si je veux y retourner. Il vaut mieux que je sache ce qui se déroule, ce que les pilotes font.

Quelles sont tes chances de revenir en F1 ?
Je suis assez confiant, notamment pour continuer à bosser sur les projets. Maintenant, est-ce que ça va se faire ? C’était à deux doigts de fonctionner l’an dernier alors qu’il n’y avait rien de concret, même avant le début de saison. On ne sait jamais comment ça évolue.

Serais-tu tenté par un essai dans une F1 ?
Non. Aller faire un essai sans savoir où on va n’est pas très utile. Parce qu’il faut être bien prêt et travailler consciencieusement.