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Le paddock attend le Grand Prix de France

Eric Boullier

Eric Boullier - -

La France n'a plus accueilli de Grand Prix de F1 depuis 2008. Un projet, encouragé par le Premier ministre, pourrait voir le jour dès 2013 sur le circuit Paul-Ricard, au Castellet. Une perspective qui séduit les acteurs de la Formule 1.

« En France, il y a la tradition de la F1, ces dernières années on a vu beaucoup de courses dans des pays sans public… En France, le public et la passion sont garantis. » Fernando Alonso, vainqueur à Magny-Cours en 2005 avec Renault, l’année de son premier titre de Champion du monde, fait partie des pilotes du paddock qui accueillent favorablement la perspective d’un retour de la F1 dans l’Hexagone.

C’est en 2008, année où Felipe Massa s’imposa avec Ferrari, que le circuit de la Nièvre a disparu du calendrier. Depuis, les responsables politiques s’emploient à faire revenir la discipline reine des sports mécaniques en France. Bernie Ecclestone, patron de la FOM qui détient les droits commerciaux de la F1, a fait une croix sur Magny-Cours en raison de son éloignement par rapport à Paris. « C’est vrai que c’est un peu loin, comparé à des circuits comme celui de Corée, admet Jarno Trulli, qui compte douze GP de France sous les couleurs Prost et Renault, mais moi, j’aimais Magny-Cours, les pilotes aimaient bien. »

Après plusieurs dossiers abandonnés, dont le dernier en date, celui de Marne-la-Vallée, le Premier ministre, François Fillon, a repris les choses en main. Amoureux déclaré des sports automobiles, ce Sarthois, élevé au vrombissement des protos du Mans, a constitué un groupe de travail avec pour objectif de faire revenir la France dans le calendrier en 2013. « J’ai eu la chance de rencontrer François Fillon il y a quelques semaines, explique Eric Boullier, team manager de Lotus Renault GP, et poids lourd de l’Association des équipes de F1 (FOTA). C’est vrai que le GP de France fait partie des priorités. »

Fillon s’implique

C’est au Castellet, sur le circuit Paul-Ricard, que l’avenir de la F1 en France paraît s’écrire. Le circuit varois a accueilli son ultime GP en 1990, avant de passer la main à Magny-Cours qui a organisé les dix-huit dernières éditions en France. Depuis le « Paul-Ricard » est devenu une piste d’entraînement recherchée pour la F1. Si Trulli lui préfère Magny-Cours, les pilotes dans leur ensemble voient d’un bon œil une manche du Championnat se dérouler sur la Côte d’Azur.

Reste maintenant à transformer la volonté politique en réalité. Un pas qui passe par la levée de fonds et la venue de partenaires. « On a des pilotes talentueux en GP 2 (Charles Pic, Romain Grosjean et Jules Bianchi, NDLR), Total est très impliqué, Renault se réengage avec le moteur V6, souligne Boullier. Tout est réuni pour réussir. » Il est temps, car le public hexagonal commence à se détourner d’une discipline privée de pilotes et de circuits tricolores. D’autant qu’après 2012 les GP de F1 seront en concurrence directe avec la 2e affiche de Ligue 1, le dimanche à 14h sur Al Jazeera ! TF1, détenteur des droits en France jusqu’en 2012, s’interroge.