RMC Sport

Le pari gagnant de Kubica

A 26 ans, le Polonais a signé à Melbourne le 10e podium de sa carrière.

A 26 ans, le Polonais a signé à Melbourne le 10e podium de sa carrière. - -

Faisant jouer toute son expérience, le pilote Renault a tiré le maximum de sa R30 pour apporter à l’écurie française une deuxième place inattendue, dimanche à Melbourne.

Voilà un Polonais qui n'a pas froid aux yeux. Sous ses airs de monsieur-passe-partout, Robert Kubica a hissé sa R30 à la deuxième place du Grand Prix d’Australie sur un coup de poker : parti de la 9e place, slalomant entre les abandons, le pilote Renault a gardé ses pneus secs et terminé la course à la 2e place sans repasser par les stands. Le hussard de Cracovie n’a cédé que face à la McLaren de Jenson Button, tellement plus véloce en ligne droite.

Malgré les assauts répétés des deux Ferrari de Massa et Alonso, le pilote Renault a conservé l’allure en ménageant à la perfection ses pneumatiques. Après la course, le Polonais était quand même soulagé d’en avoir terminé. « Je n’étais pas très à l’aise dans les premiers tours. J’ai vu mes pneus s’abimer, mais l’équipe m’a dit de les garder et d’attaquer pour les faire chauffer. Derrière, ça attaquait avec Massa, mais j’ai tout fait pour conserver mes pneus. En tout cas, j’avais une bonne vitesse. »

Dans le stand Renault, on a célébré comme il se doit ce coup de poker qui rapporte dix-huit points à Kubica. « La Renault est constante, se félicite le patron du team Eric Bouiller. Elle ne détruit pas les pneus, donc elle nous a permis d’avoir une stratégie risquée. Mais sur le muret, on s’est demandé ce qu’on allait faire. Heureusement Robert n’a commis aucune faute. » En signant cette deuxième place, le Polonais règle aussi ses comptes avec Melbourne. Deux accidents et une avarie mécanique l’ont trois fois empêché de finir, malgré de très bonnes places sur la grille. Dimanche, il a bouclé les cinquante-deux tours de l’Albert Park avec le sentiment d’avoir tourné la page.

Kubica : « On doit rester réaliste »

Preuve qu’à 26 ans, et après un terrible crash en 2007 au Canada, Kubica a la peau épaisse. « Il faut être honnête, on en s’attendait pas à faire un podium à Melbourne, souffle-t-il balayant tout excès de confiance. On doit rester réaliste, on ne peut pas se battre que pour les podiums. Il faut continuer à travailler pour améliorer la voiture. » Un message repris évidemment par Eric Bouiller. « On est aux portes du Top 8 en terme de performance, mais il faudra saisir les opportunités à chaque fois qu’elles se présenteront. » Une chose est sûre, grâce à ces performances, l’ombre de Flavio Briatore s’efface peu à peu au dessus de l’écurie Renault…

La rédaction - Louis Chenaille (avec A.A. à Melbourne)