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Lotus : Quel avenir pour Grosjean ?

Romain Grosjean

Romain Grosjean - -

La nouvelle bourde du Français complique un peu plus son cas alors que son contrat avec l’écurie britannique peut arrive à échéance dans une semaine en Corée. La direction et les sponsors lui restent fidèles, mais l’impatience grandit.

A force de tirer sur la corde, Romain Grosjean risque de le payer cher. Le nouvel accrochage du Français dimanche au Japon, son septième cette saison en 15 GP, met à l’épreuve la confiance de son employeur. C’est déjà chose faite avec le paddock. Mark Webber à Suzuka, Lewis Hamilton à Spa début septembre. Ses victimes, seigneurs du plateau de F1, lui ont soufflé dans les bronches. La FIA aussi qui l’a privé d’Italie à Monza. Le « first-lap nutcase (dingue du premier tour) », comme l’a surnommé l’Australien de chez Red Bull roule sur des œufs.
« Depuis Spa, je fais extrêmement attention au départ, tente pourtant de justifier le fougueux pilote tricolore. Je voulais absolument éviter un nouvel accident, c’est d’autant plus dur que je fais mon maximum pour ne pas rééditer les erreurs passées. » Grosjean a quitté le Grand Prix du Japon 19e après s’être vu imposé un stop and go, défait et les yeux rougis. « Il est au fond du trou », dit son manager Eric Boullier.

Comme Schumacher à ses débuts

Le patron de Lotus -l’homme qui est allé chercher le pilote en GP2- oscille entre soutien et ras-le-bol pour son poulain. Il faut dire que depuis la Belgique, l’équipe n’a pas chômé. Grosjean a officialisé l’arrivée de Benoît Campargue, l’ancien coach de Teddy Riner, à ses côtés. Moins de sollicitations, une présence réduite à ses côtés les week-ends de compétition. Lotus a accompagné son pilote pour mieux rebondir. « Sans le dédouaner de ses erreurs, il faut arrêter de le lyncher, demande Boullier. A ses débuts, Schumacher aussi faisait beaucoup de crashes. »
Sportivement, le pilote séduit toujours. A 26 ans, il dispose d’une pointe de vitesse qui impressionne. En qualifications, il se bat avec les meilleurs. A Suzuka, il était en deuxième ligne sur la grille. « C’est un rookie qui joue les trouble-fête parmi des pilotes confirmés, explique Boullier. A lui d’être à la hauteur. » Des encouragements en forme d’avertissement, alors que le pilote est allé faire retomber la pression 48h à Tokyo avant le transfert pour Séoul.

Sera-t-il prolongé en 2013 ?

« Tout le monde est agacé, dans l’équipe comme à la direction, moi le premier », admet le patron de l’écurie britannique. Jusqu’à quand les sponsors accepteront-ils d’être adossés à un « first-lap nutcase » qui envoie les champions du monde dans le décor ? Pour le moment, il n’y a pas de crainte de ce côté-là. D’autant plus que le partenaire le plus important de Lotus, Total, est également un sponsor personnel de Grosjean grâce à qui il est en F1 cette année. Le Français a un contrat d’un an avec une option pour 2013, qui peut être levée le 15 octobre, soit au lendemain de la Corée.
Avant le Japon, il ne faisait aucun doute que cette clause serait levée. Son avenir est-il remis en question après Suzuka ? « Non, pas à ce jour, lâche du bout des lèvres Boullier. Il n’y a pas de révolution à faire, mais c’est à lui de s’affermir. On peut changer tout ce qu’on veut dans l’environnement, au final ce sera lui qui devra apprendre à contrôler la pression. » Message reçu cinq sur cinq par l’intéressé. « Je suis face au mur, à moi de trouver la solution pour le grimper. »

Louis Chenaille (avec A.A. à Suzuka)