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Schumacher, empereur déchu

Schumacher, 6 points en quatre courses...

Schumacher, 6 points en quatre courses... - -

Deux accrochages avec Petrov et Di Resta ont montré les limites actuelles de l’ancien champion, 12e dimanche en Turquie. Après quatre courses, le spectre d’une nouvelle saison ratée menace la star allemande. Au point d’écorner un peu plus sa légende…

« C’est de ma faute ! » Michael Schumacher ne s’est pas cherché d’excuses après ses deux accrochages avec la Lotus-Renault de Vitaly Petrov et la Force India de Paul di Resta, dimanche après-midi sur le circuit de l’Istanbul Park. Douzième à l’issue de la course, l’Allemand a peut-être brillé après-coup par son fairplay, mais certainement pas par ses qualités de pilote. Après quatre manches, le pilote Mercedes compte six points contre vingt pour son coéquipier Nico Rosberg, de dix-sept ans son cadet, alors qu’il clamait pouvoir se battre pour un huitième titre de champion du monde.
« Di Resta, Kobayashi, Petrov, tous les nouveaux lui marchent dessus à coup d’ailerons », s’exclame Jean-Luc Roy, consultant RMC Sport. Pour sa seconde saison après son retour à la compétition, le « Kaiser », sous contrat avec le constructeur allemand jusqu’en 2012, peine à retrouver son lustre d’antan. Avec une monoplace qui est pourtant au même niveau que celle de Rosberg, il fait beaucoup moins bien. Il commet même des erreurs de débutant comme ce dimanche en Turquie. « Ce qui s’est passé avec Petrov est de ma faute, il faudra analyser ça », admet-il dans un exercice de contrition qui ne lui ressemble pas. « Le fossé se creuse de plus en plus avec Rosberg », constate Patrick Tambay, ancien pilote Ferrari.

Prost : « Un problème de motivation »

Doit-on y voir le signe d’un problème de motivation ? C’est ce que l’ancien champion, Alain Prost, laissait entendre à la veille du coup d’envoi de la saison. « Après trois ans d’arrêt, il y a l’âge, la physiologie, la famille et les enfants, bref la motivation… C’est là que se perd le petit dixième de seconde qui fait la différence. » A demi-mot, l’intéressé admet. « Le plaisir n’est pas encore au rendez-vous. » A voir le faible nombre de journalistes qui se rendent cette saison aux points presse de l’ancienne gloire Ferrari, le charme n’opère plus. « On est prêt à s’enflammer de nouveau, mais pour l’instant on souffre », conclut Tambay. Pas plus que Schumi...

Louis Chenaille (avec A.A. à Istanbul)