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Schumacher : légère amélioration, grande prudence

Jean-François Payen, au premier plan, et Emmanuel Gay

Jean-François Payen, au premier plan, et Emmanuel Gay - -

Michael Schumacher a subi une deuxième intervention chirurgicale lundi soir, après une amélioration légère de sa situation. Mais les neurochirurgiens restent très réservés sur le pronostic de l’ancien pilote allemand.

Une légère amélioration « surprise »

Lundi en fin de journée, le service neurochirurgie du CHU de Grenoble a remarqué une « amélioration transitoire de la pression intracrânienne » de Michael Schumacher. Après s’être réunis, les médecins ont décidé « sans prendre de risques inutiles » d’effectuer un nouveau scanner. Puis à 22h, après en avoir informé la famille, Michael Schumacher a subi une deuxième intervention chirurgicale, « pas prévue initialement », pour évacuer un hématome important dans la partie gauche du cerveau. L’opération, qui a duré deux heures, s’est déroulée avec succès. « Un scanner effectué ce matin (mardi) montre des signes radiologiques de légère amélioration », a expliqué Jacqueline Hubert, directrice générale, présidente du directoire du CHU.

Cette amélioration n’était pourtant pas attendue. « On ne peut pas vous cacher qu’à la vision du scanner, nous étions un peu surpris de son amélioration dans la journée », atteste Emmanuel Gay, chef du service de neurochirurgie. S’ils refusent d’employer le terme « optimisme », les médecins estiment avoir « gagné du temps dans son évolution » (Jean-François Payen). « La situation est mieux contrôlée qu’hier, poursuit Payen. On ne peut pas dire qu’il soit hors de danger. Les heures à venir sont encore cruciales dans notre stratégie thérapeutique. »

Pronostic vital toujours engagé

Inattendue, l’amélioration de Michael Schumacher s’est accompagnée d’une très grande prudence du corps médical qui n’envisage pas, pour le moment, une nouvelle intervention pour évacuer les hématomes encore nombreux. « Il y a encore des hématomes un peu partout, il ne faut pas penser qu’il n’y a plus rien sur le scanner, tempère Emmanuel Gay, chef du service de neurochirurgie. C’est pour ça que la situation peut évoluer heure par heure. A priori, les zones ne sont pas accessibles. Elles seront surveillées mais elles n’ont pas la même taille que celle d’hier soir (lundi). Le projet n’est pas de les évacuer. » Le pronostic vital du septuple champion du monde, toujours plongé dans le coma et en hypothermie, est donc toujours engagé. « On ne peut pas dire qu’il ne l’est pas du point de vue du vocabulaire », poursuit Emmanuel Gay.

Le Professeur Saillant, proche de Schumi, appelle aussi à la réserve. « Nous sommes toujours inquiets. Il ne faut pas se dire que c’est gagné. Il y a des hauts et des bas. C’est un peu mieux qu’hier. On a décidé de parler de signes objectifs. Mais il serait malhonnête de tirer des plans sur l'avenir, a-t-il déclaré. Quel sera le pronostic demain, dans six mois ou dans deux ans, ce serait stupide d'en parler. » Jean-François Payen abonde : « En réanimation, les choses évoluent très vite dans le bon comme dans le mauvais sens. »

Une communication plus rare

Après les conférences de presse de lundi et de ce mardi matin, le CHU de Grenoble a annoncé son intention de se faire plus rare à présent. Les médecins ne s’exprimeront dorénavant qu’en cas d’évolution de l’état de santé de Michael Schumacher. Toute nouvelle communication sera synonyme d’annonce importante, comme cela a été le cas ce mardi avec cette opération inattendue. « On est un peu moins inquiet qu’hier. Mais ce soir ou demain, la situation peut se retourner. Il faut nous laisser travailler, a demandé le Professeur Saillant. Nous referons une conférence de presse s’il y a des choses nouvelles. S’il n’y a pas de choses nouvelles, ce n’est pas pour vous cacher quelque chose, c’est simplement le travail quotidien. »

Pas de transfert en Allemagne

Jean-François Payen, chef du service anesthésie-réanimation du CHU de Grenoble, a expliqué qu’un transfert de Michael Schumacher en Allemagne n’était pas encore à l’étude. « Envisager un transfert serait dangereux sur le plan de la condition médicale. C’est encore très fragile. Cette question viendra et on décidera de manière collégiale à quel moment ce transfert pourra être envisagé. »

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La rédaction