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Tambay : « La F1 va perdre des téléspectateurs… »

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Marqué par le doublé des pilotes Mercedes Hamilton-Rosberg, le Grand Prix de Malaisie n’a pas été très spectaculaire. Patrick Tambay, membre de la Dream Team RMC Sport, reconnaît la possible mauvaise influence du nouveau règlement.

Un doublé Lewis Hamilton-Nico Rosberg pour une domination totale de Mercedes. A l’heure de tirer le bilan du Grand Prix de Malaisie, difficile de ne pas verser dans les louanges au sujet de l’écurie qui a remporté les deux premières courses de la saison. Avec cette interrogation : et si l’exercice 2014 virait vite au duel de coéquipiers entre le Britannique et l’Allemand ? « J’ai beaucoup d’admiration pour la personnalité de Rosberg, un garçon amusant, intelligent, très bon technicien, qui est parvenu à se faire un prénom en tant que fils de champion du monde, juge Patrick Tambay, membre de la Dream Team RMC Sport. Hamilton, c’est le pur-sang, la vitesse, l’attaque à outrance, et je pensais que le nouveau règlement ne lui conviendrait pas beaucoup. Mais il a peut-être, au contraire, une marge supplémentaire de performance qui lui permet de faire de l’économie sur l’essence et les pneus. »

De quoi imaginer de futures belles bagarres. A deux seulement ou à plus ? « Leur duel va être formidable mais il ne faut pas oublier Sebastian Vettel ou Fernando Alonso, nuance Tambay. La Malaisie a marqué le retour des Red Bull et de Vettel qui vont donner du fil à retordre à Mercedes. On ne sait pas encore de quelle manière le championnat va tourner, il va y avoir des développements importants tout au long de la saison et les jeux ne sont pas faits. On va aussi devoir attendre l’Europe pour voir se dessiner le réel potentiel de chaque monoplace sur les différents tracés. »

« Plus proche d'une utilisation à 80% du potentiel de la machine »

Peu spectaculaire et surtout joué dans les stands avec les différentes stratégies, ce GP de Malaisie a aussi offert de l’eau au moulin de ceux qui lient le nouveau règlement technique à une possible baisse d’intérêt pour le public. « Le cahier des charges actuel n’est pas fait pour le spectacle, confirme Tambay. Ce n’est plus un sprint comme nous les avons connus à l’époque de Schumacher avec 56 tours de qualifs et trois passages aux stands pour mettre des gommes neuves. Aujourd’hui, on est rentré dans une nouvelle époque avec des réglementations beaucoup plus contraignantes, plus d’éléments à prendre en compte. Oui, on va probablement perdre des téléspectateurs, les vieux de la vieille qui appréciaient les anciennes méthodes. Mais on va sûrement en gagner d’autres. »

Et le pur pilotage, dans tout ça ? N’est-il pas abandonné au profit des ordinateurs et de choix stratégiques érigés en Graal ? « Cela reste de la course automobile car il faut un pilote dans une monoplace pour gérer l’ensemble des paramètres imposés, estime Tambay. Les jeunes qui arrivent dans le système aujourd’hui peuvent plus facilement s’intégrer et s’adapter car on n’est plus à 100% du début à la fin, avec le risque de commettre des erreurs irréparables. On est probablement plus proche d’une utilisation à 80% du potentiel de la machine. C’est beaucoup plus facile d’emmener une F1 dans cette configuration que d’être en totale liberté et de tenter d’en tirer le maximum. C’est peut-être pour ça qu’on voit des jeunes arriver, comme Daniil Kvyat (Toro Rosso, ndlr) ou Kevin Magnussen (McLaren, ndlr), qui sont tout de suite à l’aise. C’est presque devenu un peu de l’endurance mais tout ça va se normaliser, devenir plus pointu et on va peu à peu retrouver une part de pilotage plus importante. »

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La rédaction