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Vettel, première balle de match

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Avec 77 points d’avance à cinq courses de la fin de la saison, Sebastian Vettel (Red Bull) pourrait être sacré dès ce dimanche à Suzuka, au Japon. De quoi rendre le pilote allemand serein.

La chose fait partie des grands classiques de la communication sportive. Comment commenter un titre promis mais pas encore acquis mathématiquement ? Demandez donc à Sebastian Vettel. Avec quatre victoires et trois poles de suite, série en cours (et cinq succès sur les six derniers Grands Prix), le pilote allemand compte 77 points d’avance sur son dauphin, Fernando Alonso, à cinq courses du terme de la saison. Le garçon pourrait ainsi être sacré dès ce dimanche, au Japon, s’il gagne le GP et que son rival espagnol termine au-delà de la huitième place. Tout roule, quoi. « Je suis simplement heureux, a lâché l’intéressé après sa victoire en Corée du sud le week-end dernier. J’aime ce que je fais, l’équipe est fantastique, nous sommes dans une superbe période et nous profitons de ce moment. »

Le triple champion du monde file tout droit vers une quatrième couronne qui va lui permettre de rejoindre Alain Prost sur le podium des plus titrés de l’histoire de la discipline (derrière les sept de Schumacher et les cinq de Fangio). Mais pas question de s’enflammer. Le mot d’ordre à l’heure de la première balle de match ? Pas de pression. Avec cette sérénité inhérente à ceux qui ne craignent plus grand-chose mais ne peuvent pas encore l’avouer. « Une des leçons qu’il a retenues des années précédentes est que rien n’arrive avant la dernière course et que si on essaie de se projeter trop à l’avance, on se fait piéger, explique Guillaume Rocquelin, son ingénieur chez Red Bull. Il prend vraiment course après course. »

Enfoncer le clou

On attendrait presque un « l’important, c’est les trois points »… Une langue de bois frustrante pour les médias. Mais obligatoire pour s’éviter un cauchemar éveillé. « Ça doit l’énerver d’expliquer à chaque fois que ce n’est pas fait, juge Rocquelin. Même s’il y a 90% de chances qu’il gagne, il y a 10% pour que ça n’arrive pas. Ce serait très énervant donc on ne peut pas se permettre de se relâcher. » Le chef motoriste Renault chez Red Bull, Thierry Salvi, fait dans la même veine : « Il faut enfoncer le clou, ne rien lâcher ». Et c’est finalement l’adversaire direct, Alonso, qui rend les armes dans ses mots : « Le championnat pilotes est quasi plié donc maintenant, on doit prendre du plaisir, faire de notre mieux, être toujours à l’attaque et se battre pour le classement constructeurs. »

Vainqueur de trois des quatre derniers GP du Japon (Jenson Button en 2011), Vettel a tout pour s’approcher un peu plus du titre ce week-end. Voire pour être sacré, ce qui sera le cas si le scénario de l’an passé (victoire de l’Allemand, abandon d’Alonso) se reproduit. Cela tombe bien : Suzuka, où Sebastian arbore chaque année un casque au design spécial pour rendre hommage à son fournisseur japonais, est l’un de ses circuits préférés. « On peut y pousser les voitures à la limite et l’atmosphère est fantastique avec des fans très passionnés, confirme l’Allemand. Pourquoi je gagne beaucoup en Asie ? Je ne sais pas. Peut-être que l’air est meilleur ici et que mon cerveau fonctionne mieux. » Reste à savoir si les sifflets qui l’ont accompagné ces derniers temps vont trouver un écho auprès du public nippon. « C’est une motivation pour lui, précise Rocquelin. Si les gens commencent à le huer, ça veut dire qu’on les agace vraiment. » Et Vettel de philosopher sur le tout : « Ce n’est jamais facile ». Un peu plus avec autant d’avance au classement, tout de même.

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Vettel-Schumi, même combat ?

Avec trois poles et quatre victoires sur les quatre derniers GP, Sebastian Vettel a posé une griffe sans doute définitive sur le titre 2013. Une domination qui rappelle un peu celle de Michael Schumacher version grandes années Ferrari (cinq titres avec la Scuderia de 2000 à 2004). A l’issue de la course en Corée, le week-end dernier, Lewis Hamilton (Mercedes) a relevé cette comparaison en évoquant une ère Vettel « aussi prévisible » que celle de Schumi, sous-entendant l’idée d’un ennui de plus en plus prégnant pour les spectateurs. « C’est un compliment, répond le pilote Red Bull. Ce sont deux situations très différentes. A Singapour, l’écart avec les autres était incroyable. Mais en Corée, où à Spa (Belgique, ndlr) qui est un circuit similaire, l’écart était entre trois et six secondes sur toute la course. Il y a dix ans, c’était plus trente ou soixante secondes, la différence est énorme. Avoir trois secondes d’avance est confortable mais une petite erreur stupide peut coûter cher. »

Alexandre Herbinet avec A.A. à Suzuka