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Vettel tout près, Grosjean encore un (tout) petit peu loin

Romain Grosjean

Romain Grosjean - -

Auteur d’un départ canon et longtemps en tête de la course, Romain Grosjean a fini par céder et termine à la 3e place du Grand Prix du Japon… remporté par Sebastian Vettel, pas encore titré mais quasiment assuré d’un 4e titre mondial.

Il a fait un départ canon. De loin le meilleur de sa carrière, déposant sur place Lewis Hamilton, Sebastian Vettel et Mark Webber. Il a tenu la tête de ce Grand Prix du Japon pendant 29 tours. Et sûrement rêvé de décrocher son premier succès en F1. Mais Romain Grosjean est tombé sur plus fort que lui ce dimanche. S’il n’a jamais trainé aux stands (2’’8 et 2’’9 lors de ses arrêts), s’il a su profiter des arrêts de ses deux principaux concurrents, quand les Red Bull se sont mises en action, sa Lotus n’a pas pu faire de miracles. A défaut d’aller contester la victoire finale à Vettel, faute de moyens, Grosjean a longtemps résisté à Webber… avant de craquer dans l’avant-dernier tour.

Rageant ? Oui et non. Le pilote Lotus a confirmé sa propension nouvelle, assumée et désormais en passe de devenir habituelle, à rouler avec les meilleurs. Il a signé un quatrième podium cette saison, le 2e d’affilée (le 7e de sa carrière), de quoi sabrer le champagne avec les ingénieurs à l’issue de la course. « Ça fait maintenant six week-ends d’affilée que Romain est constamment aux avant-postes. Il travaille bien, savoure le patron de Lotus, Eric Boullier. Pour une fois, on a réussi à forcer Red Bull à aller chercher une stratégie un peu différente. »

Le Franco-Suisse a fait sa course, avec une gestion émotionnelle remarquable. Mais… « Quand j'étais en tête, j'ai vraiment pensé pendant un moment que j'allais remporter ma première victoire, confesse-t-il. La voiture était parfaite pendant le premier relais. Après, avec les pneus durs, c'était plus compliqué. » « On l’a vu à la fin, leur voiture est supérieure à la nôtre, insiste Boullier. Le résultat reste mathématiquement ce qu’il devait être. » CQFD.

Vettel en vieux briscard

Le départ surprenant de Romain Grosjean aurait pu le déstabiliser. Tout comme ses deux blocages de roue dans la chicane du circuit de Suzuka. Mais non. Il y a bien longtemps que la nervosité a quitté le CV de pilote de Sebastian Vettel. L’Allemand n’a pas paniqué. Il a attendu son heure. Sagement. « J'ai pris un départ horrible et je suis bien revenu ensuite, raconte « Baby Schumi ». J'ai essayé de contrôler les écarts, de faire durer mes pneus plus longtemps que Romain (Grosjean) et Mark (Webber) au premier relais, pour prendre un petit avantage et pouvoir les mettre sous pression en fin de course. Ma stratégie a parfaitement fonctionné. »

C’est le cas de le dire. Intouchable pour Grosjean, Vettel a profité du duel entre son équipier Webber et le Franco-Suisse pour la 2e place pour aller chercher un 5e Grand Prix consécutif – le 9e de la saison, le 35e de sa carrière – et poser une main sur une 4e couronne consécutive en F1. Fernando Alonso (Ferrari) 4e – l’Espagnol fut longtemps freiné par un surprenant Nico Hulkenberg (Sauber) – Vettel ne peut pas encore soulever le trophée. Mais avec 90 points d’avance sur l’Espagnol à quatre manches du terme de la saison, il n’en est plus très loin. Une avance de 75 points à l’issue, dans quinze jours, du Grand Prix d’Inde, lui garantira un nouveau sacre mondial.

Alonso résigné

Il a limité la casse. Mais pas vraiment le suspense. 8e au départ du Grand Prix, Fernando Alonso l’a terminé à la 4e place. Fidèle à sa hargne et à sa combativité légendaire, l’Espagnol a eu raison de son équipier Felipe Massa, avant d’en faire de même avec la jolie sensation de ce Grand Prix du Japon, Nico Hülkenberg. « 4e, c’est le maximum que l’on pouvait faire aujourd’hui, juge Alonso. Pour le classement pilotes, je ne suis plus dans la course. Il faudrait que Vettel abandonne sur toutes les courses et que je les gagne presque toutes. On est trop en difficulté en ce moment pour faire ça. Mathématiquement, ce n’est pas fait alors je vais attendre encore un petit peu pour le faire. »

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A.D avec A.A et à Suzuka