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Le nouveau défi de Loeb

Sébastien Loeb

Sébastien Loeb - -

A 39 ans, Sébastien Loeb débute en circuit ce week-end à Nogaro, dans le Gers. Le nonuple champion du monde WRC veut prendre de l’expérience en GT Séries. Un univers que l’Alsacien va devoir appréhender avec son statut de star des rallyes.

Circuit Paul Armagnac, samedi. Les essais libres s’apprêtent à débuter. Sébastien Loeb se précipite vers son équipe, incrédule et légèrement agacé. L’Alsacien vient de se rendre compte que son casque est floqué du n°8 alors que sa voiture porte… le n°9 ! Une incohérence que le plus titré des pilotes français veut absolument rectifier. Ce n’est qu’après avoir obtenu gain de cause qu’il repart vers sa voiture, prêt à dompter le bitume de Nogaro… Un souci du détail qui en dit long sur sa motivation. A 39 ans, Loeb débute une nouvelle carrière ce week-end dans le Gers, à l’occasion des Coupes de Pâques. Le roi des rallyes s’attaque à la saison FIA GT Séries. Un championnat qui comprend six épreuves, essentiellement en Europe, réparties jusqu’au mois de novembre. Engagé avec son écurie « Sébastien Loeb Racing », le natif d’Haguenau, qui fait équipe avec le Portugais Alvaro Parente (un des tauliers de la discipline), se présente au volant d’une McLaren MP4-12C.

L’occasion de prendre du galon sur les circuits. «  J’avais envie de changer d’univers, explique le nonuple champion du monde. Le GT est une discipline où l’on se bat avec des voitures fermées. C’est ce que je recherchais. Je voulais prendre un peu d’expérience avant d’aller en WTCC l’an prochain. C’est un championnat adapté pour ça. » Un championnat, le seul que Loeb disputera en intégralité cette saison, qui n’a rien à voir avec le WRC. Rompu aux variations entre l’asphalte, la neige et la terre, la star de Citroën va devoir s’habituer à la routine et aux particularités du Grand Tourisme. « En GT, il n’y a pas de copilote, rappelle le Français Mike Parisy, qui forme l’autre binôme de Sébastien Loeb Racing avec l’Autrichien Andreas Zuber. Nous sommes vraiment tout seul dans l’auto. On a une base de pilotage qui est différente. En rallye, c’est de l’improvisation, de la réactivité alors que là, c’est de la précision, de la finesse, de la régularité. »

Loeb : « Commencer par apprendre »

Malgré sa relative inexpérience du milieu, Loeb se sait attendu au tournant. Une pression qu’il va devoir gérer face à une concurrence désireuse de s’offrir un scalp légendaire. « Il se retrouve avec un désavantage puisqu’il a ce déficit de connaissance, résume son manager Dominique Heintz. Ses concurrents ont l’habitude de tourner sur le circuit. C’est une affaire de spécialiste et pour l’instant, Seb n’est pas un spécialiste. » Une situation qui ne semble pas effrayer l’ancien partenaire de Daniel Elena. « Je n’ai rien à perdre, assure-t-il. Le circuit, c’est une discipline différente. Je cherche avant tout à prendre du plaisir. Mais ce n’est pas si facile. Ce n’est pas parce qu’on arrive du rallye, qu’on va battre tout le monde en GT. Les gars en face sont des spécialistes. Il faut y aller de façon humble. J’espère que je vais y arriver. Il faut d’abord commencer par apprendre. »

Une humilité qui n’empêchera pas Loeb, qui a remporté la course de qualification ce dimanche, de viser le titre. Au plus grand bonheur des organisateurs. « Sa venue nous permet d’ouvrir une saison fabuleuse, savoure Caroline Diviès, la directrice du circuit de Nogaro. Nous sommes ravis d’être les premiers à le recevoir. Les spectateurs aussi (environ 40 000 durant le week-end, ndlr). Tout le monde veut le voir ! » Et pourquoi pas sur la plus haute marche, dès ce lundi, à l’issue de sa première course…

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Alexandre Jaquin avec Olivier Schwarz, à Nogaro