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Alcaraz, du duo au solo

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Après quinze participations comme co-pilote, William Alcaraz a décidé de se lancer en solitaire dans l’aventure du Dakar. Au volant d’un véhicule semblable à un buggy, il s’attend toutefois à passer par des moments compliqués sur les pistes sud-américaines.

« Un vrai petit couple ». Voilà comment est généralement qualifiée la relation qui existe entre un pilote et son co-pilote. Après quinze participations aux côtés de grands noms du rallye-raid comme Stéphane Peterhansel ou Paul Belmondo, William Alcaraz a décidé de mettre un terme à cette vie à deux. Au volant de sa RZR 900 Polaris numéro 374, une sorte de gros buggy, le Nancéien vole enfin de ses propres ailes. « Cela faisait longtemps que cela me trottait dans la tête de le faire car je n’ai pas eu la chance de pouvoir le faire seul en moto quand j’étais plus jeune, confie l’homme de 40 ans, concessionnaire automobile de son état. C’est un nouveau challenge et cela m’excite beaucoup. Je sais qu’il va y avoir des moments difficiles où je vais un peu me parler, mais je pense que cela va le faire. »

Ce choix d’effectuer cette aventure en solitaire est parfaitement assumé, mais est également une décision logique au vu du petit format et du gabarit ultraléger de son véhicule (moins de 900 kg), censé passer les dunes avec plus de facilité que les voitures les plus lourdes. « On est deux dans cette catégorie à être seuls, explique Alcaraz. Les autres ont choisi d‘être deux. Mais vu la petitesse des habitacles, si on est deux, on ne peut rien emmener d’autre. Moi, je peux emmener des pièces et des outils car, comme c’est le premier Dakar de l’engin, on risque quand même d’avoir quelques petits soucis. »

Peterhansel : « Une double mission »

S’il refuse l’étiquette de « héros » du mythique rallye-raid, il avoue tout de même qu’une difficulté majeure se dresse devant lui : la navigation. Car si nombre de ses concurrents possèdent un co-pilote pour les guider (seulement 8 pilotes auto effectuent seuls le Dakar), Alcaraz devra connaître son road-book par cœur. « Pour la navigation, c’est difficile car on n’a pas la vue panoramique d’un motard, souligne-t-il. On est enfermé et bas. J’espère que cela ira. »

Neuf fois vainqueur du Dakar (six fois en moto, trois fois en auto), Stéphane Peterhansel ne s’inquiète toutefois pas outre-mesure pour son ancien compère. « Il se lance dans le grand bain comme pilote et navigateur, donc c’est une double mission, glisse le pilote Mini. Je trouve ça génial qu’il reste enthousiaste et motivé pour ce genre d’exploits. » Tâche à lui de le rester durant deux semaines pour rallier Lima (Pérou) sans encombre.