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Beau comme un camion chinois…

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Premier pilote Chinois à participer au Dakar dans la catégorie camion, Li Yang a déjà pris ses marques alors qu’il ne peut communiquer qu’en code avec ses équipiers français !

Li Yang pose fièrement devant son camion. Encadré de son copilote et de son navigateur, le pilote arbore un grand sourire. Premier Chinois a courir sur le Dakar au volant d’un camion, il ne s’arrête jamais. Véritable pile électrique, Li Yang possède une entreprise de transport et logistique au pays. Il connaît donc parfaitement les camions mais demeure un novice sur les rallyes. « Il conduit très bien et à son allure, constate Franck Maldonado, l’un des copilotes. On pourrait aller plus vite, mais il maîtrise parfaitement la situation. Il ne faut pas prendre de risque. »

L’objectif est en effet de ramener le Man n°554 du Team Sodicars Racing immatriculé en Gironde à Buenos Aires. Pour des raisons de business essentiellement. Les négociations avec les représentants de Li Yang ont d’ailleurs été particulièrement compliquées. Les deux parties ont ainsi mis trois ans avant de se mettre d’accord sur tous les termes du contrat. « Ils sont très durs en affaire et très tatillons sur des détails qui nous font perdre des heures, se souvient Bruno Bouey, patron de l’équipe. Il a fallu tout négocier : la couleur de la combinaison, du casque, la marque du casque. Ils veulent contrôler tous les détails. »

Il s’est mis au français

Le camion d’assistance le suit ainsi comme une ombre pour régler les moindres problèmes le cas échéants. Et même si la rencontre entre l’équipage ne s’est faite pour la première fois trois jours seulement avant le départ, Li semble avoir pris ses marques. « Si on l’amène au bout du Dakar, il y aura d’énormes retombées. C’est important pour sa recherche de sponsors de l’année prochaine », continue Bouey. Surtout qu’une équipe de journalistes a effectué le déplacement spécialement pour lui et le suit en permanence.

Et la communication au milieu de tout cela ? Entre un Chinois qui parle un peu l’anglais et un copilote qui ne s’exprime qu’en français, les rapports ont parfois été difficiles. Dans la cabine du camion, l’équipage a donc placardé des panneaux avec la limitation de vitesse. « Je pensais que ça ne serait pas facile, mais mon pilote a fait d’énormes progrès en français, se félicite le copilote Pascal Paturaud. Il connaît maintenant droite, gauche, tout droit. » Et son compère d’ajouter : « Une fois le copilote a voulu dire gauche et a dit droite. Heureusement que j’ai vu les directions, sinon on se serait trompé. » Li s’est depuis mis au français. Tous les soirs il s’enferme dans sa tente pour apprendre la langue de Molière. « C’est tout à son honneur », avoue conquis le troisième larron Franck Maldonado.

Pierrick Taisne avec Antoine Arlot en Argentine