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Citroën dans la tourmente

Sébastien Loeb

Sébastien Loeb - -

Le rallye de l’Acropole a révélé des failles ce week-end au sein de l’équipe Citroën. Pour Guy Fréquelin, l’ancien patron de Sébastien Loeb, son successeur Olivier Quesnel gère très mal la rivalité entre le septuple champion du monde et Sébastien Ogier.

24 Heures du Mans, rallye de l’Acropole… L’agenda du patron du sport auto au sein de PSA était plutôt chargé ces derniers jours. Déçu par le rôle de dauphin de luxe d’Audi que les Peugeot 908 avaient tenues dans la Sarthe, Olivier Quesnel avait laissé échapper quelques larmes dimanche dernier. En Grèce, ce week-end, il avait un autre dossier compliqué devant lui, avec sa casquette de directeur de Citroën Sport. Gérer la rivalité croissante entre Sébastien Loeb, septuple champion du monde, et Sébastien Ogier, son nouveau rival.

Il a voulu préserver l’équité entre les deux pilotes, quitte à donner le sentiment à l’aîné que son statut ne comptait pas. Une position qui a fait des dégâts. Avec un coup de gueule de l’Alsacien, à chaud, samedi soir. Et le maintien de ses reproches, le lendemain, après sa deuxième place derrière le Gapençais. « Personnellement, je n’aurais pas géré l’affaire de cette façon, explique Guy Fréquelin, l’ancien patron de la marque française en rallye, prédécesseur d’Olivier Quesnel. On a l’impression qu’il n’a aucune autorité sur les pilotes et qu’ils font ce qu’ils veulent. »

Fréquelin : « Ça peut donner à Loeb l’envie d’aller voir ailleurs »

Vice-champion du monde des rallyes en 1981, Guy Fréquelin a couvé Sébastien Loeb chez Citroën et l’a guidé pour ses quatre premiers titres (2004, 2005, 2006 et 2007). Proche de l’Alsacien, il a aussi contribué au lancement de la carrière de Sébastien Ogier en lui faisant signer son premier contrat en 2007. « Mais un garçon comme Sébastien Ogier n’aurait jamais dû avoir un contrat de premier pilote, aux côtés de Sébastien Loeb, estime Guy Fréquelin. C’est ça, la grosse erreur d’Olivier. Compte-tenu du nombre d’erreurs que Sébastien Ogier a fait depuis la fin de l’année dernière et depuis le début de l’année, il me semble qu’il a encore des choses à apprendre. »

Pour l’ancien patron de Citroën Sport, la transition entre l’aîné et le cadet aurait dû être repoussée à la retraite du septuple champion du monde. « Ça aurait été beaucoup plus simple, assure Guy Fréquelin. Mais ça demande une certaine autorité. Et pour avoir de l’autorité, il faut avoir une compétence dans le domaine du pilotage. Ça peut donner à Sébastien Loeb l’envie d’aller voir ailleurs. C’est clair qu’il en aura la possibilité. » A 37 ans, l’Alsacien n’a pas encore annoncé ce qu’il fera la saison prochaine. Cette affaire pèsera-t-elle au moment du choix ?

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Quesnel : « Fréquelin avait fait le Loeb Racing »|||

« Guy Fréquelin parle plutôt en manager de Sébastien Loeb qu’en ancien directeur de Citroën Racing, estime Olivier Quesnel, l’actuel directeur de l’équipe française. Il avait d’ailleurs fait le Loeb Racing. Aujourd’hui, on arrive au bout du système et il faut préparer l’avenir. Si je reprends ce qu’il dit, il faudrait qu’Ogier soit chez un autre constructeur pour préserver Loeb. Et à la fin de l’année, si Loeb arrête et qu’Ogier est chez Ford, Citroën n’a plus de pilote. La problématique est assez simple. Mon souci est de gérer le très court terme et de préparer l’avenir. Et je ne suis pas bien sûr que le fait d’avoir été pilote donne des talents de grand gestionnaire. Le problème, c’est que Sébastien Loeb est encore là, et je suis l’un de ses plus grands supporters. Et que Sébastien Ogier est déjà là. »