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Despres, envers et contre tous

Cyril Despres

Cyril Despres - -

Détesté par une bonne partie du bivouac, qui lui reproche arrivisme et égoïsme, le Français a remporté le Dakar 2012 dans la catégorie moto ce dimanche au Pérou. Au terme d’une quinzaine éprouvante, le pilote KTM a pris le meilleur sur son coéquipier espagnol Marc Coma.

Certaines victoires sont couvertes de louanges. D’autres beaucoup moins. Celle de Cyril Despres ferait presque office de symbole dans cette deuxième catégorie. A 37 ans, le Français a remporté le Dakar 2012 dans la catégorie moto ce dimanche à Lima (Pérou). Un sacre qui fait grincer pas mal de dents au sein du bivouac. Parmi les concurrents, rares sont ceux qui apprécient la personnalité du pilote KTM. Ce dernier est notamment perçu comme égoïste et narcissique par ses pairs. « C’est quelqu’un qui tuerait père et mère pour avancer, assène carrément David Casteu. Il nous marcherait sur la gueule. Franchement, ce n’est pas du tout quelqu’un avec qui on a envie de passer un week-end. Il n’a pas l’esprit. Il pense d’abord à lui avant de penser aux autres. De toute manière, on n’a pas envie d’aller le voir. Il nous envoie bouler. Il a eu des problèmes avec les dix premiers du classement. Ce n’est vraiment pas quelqu’un d’intéressant. »

Une mauvaise réputation qui n’a pas empêché Despres de remporter le quatrième Dakar de sa carrière (après 2005, 2007 et 2010). Au terme d’une quinzaine marquée par sa rivalité interne avec l’Espagnol Marc Coma, le pilote KTM a eu les nerfs solides pour triompher dans la capitale péruvienne. « C'est définitivement le Dakar le plus dur auquel j'ai participé, physiquement éprouvant, mais surtout mentalement », lâche le Français. Dixième de la dernière étape (remportée par le Norvégien Pal Ullevalseter), le natif de Nemours a contrôlé la dernière journée de course pour s’offrir un deuxième sacre en Amérique du Sud.

Casteu : « Il nous marcherait sur la gueule »

Un succès qu’il doit en partie à la grosse erreur de Coma. La veille, le Catalan s’est perdu dans les dunes péruviennes alors qu’il était en tête du classement général. Un coup du sort qui a permis à Despres de reprendre les commandes dans le money-time. Entre les frères ennemis, la cohabitation a été glaciale durant la quinzaine. « J'ai fait 90 ou 85 rallyes dans ma vie, et c'est celui où j'ai le plus bagarré. Aujourd'hui je suis marqué », concède le lauréat 2012. Au terme des 8300 km qui relient Mar Del Plata (Argentine) à Lima, il s’impose en 43 heures, 28 minutes et 11 secondes et succède à un certain… Coma ! La règle de l’alternance se poursuit dans une ambiance électrique chez les KTM.

Alexandre Jaquin avec Antoine Arlot, à Lima