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Du sable dans le vin

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Sur les routes du Dakar, François Lurton est presque au travail. Issu d’une grande famille bordelaise, ce Girondin en lice dans la catégorie autos possède des vignobles en Argentine et au Chili.

En France dans les années 90, la mode était aux gymkhanas. Vous vous souvenez, ces rallyes entre personnes du même monde, proches de la planète ISF, au volant de bolides bien carrossés allemands ou italiens qui prenaient quelques digestifs bien onéreux dans les relais châteaux les plus huppés du coin. François Lurton lui aussi a mélangé la vitesse et le bon vin. La vitesse c’est son dada, et le vin son job.
Issu de l’aristocratie viticole de Bordeaux, fils d’André Lurton plus grand propriétaire de Bordeaux, il a continué l’entreprise de son père en achetant des hectares en Argentine et au Chili en 1992, avec son frère Jacques avant d’en commencer l’exploitation en 1997. Il est l'un des premiers à coloniser l'Argentine pour son vin. Sur les sols argilo-calcaires d’Amérique du Sud, il est un peu comme chez lui. Même s’il a dû laisser à la grange, le sécateur et les pesticides. Sur les pistes sablonneuses de ce Dakar argentino-chilien, il a troqué son matos de vigneron pour celui de pilote de buggy. « En 2009, il était un peu tard pour me préparer physiquement, mais j’ai voulu être de la partie en sponsorisant le Team Omega-Lurton. Et cette année je me lance », avance fièrement Lurton.

Un certain luxe
Contrairement à l’amateur lambda qui se saigne en organisation de tombola et qui parcourt son département à la recherche de sponsors, François Lurton a l’avantage de posséder un capital de départ lui permettant de vivre la course dans un certain luxe, même s’il a quand même dû aller quêter quelques partenaires. Il part équipé comme un grand cru. Il pilote un de ses deux buggys Seat avec son ami Guillaume Martineau comme navigateur à ses côtés. Il est suivi d’un 4x4 et d'un camion d’assistance. Pas trop de cambouis sur les mains quand même. Grâce à ses raisins, il a financé son petit team privé. Et il vise une place dans les 35 premiers au général en autos. Pour l’instant il est plus proche de la 80e place que de la 35e.
Au moins durant le trajet, il pourra aller superviser la maturation de ses vignes, que ce soit en Argentine ou au Chili. Comme c’est le plein été sous l’Equateur, les vendanges ne devraient pas tarder. C’est l’amour de cette région du monde et ses nombreux voyages pour y développer ses vignes qui lui ont transmis l’amour de la pampa. Pas sûr qu’il ne préfère pas traiter les problèmes de phylloxera à ceux de transmission.

M.M. avec J.R.