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Lavigne, le couteau suisse

Etienne Lavigne

Etienne Lavigne - -

Circulation, direction de course, dépannage : Etienne Lavigne fait un peu tout sur les routes du Dakar. Découverte, à bord de son hélicoptère, du quotidien surchargé du boss du célèbre rallye-raid.

Mardi, 6h45. Le soleil vient à peine de se lever. Pas Etienne Lavigne, qui presse déjà le pilote de « son » Delta de décoller. Désir rapidement exaucé. L’hélicoptère bleu qui lui est réservé s’élève dans les airs avec un bon quart d’heure d’avance sur l’horaire prévu. A son bord, David Delgado, médecin urgentiste du SAMU 74 et Marc Ducrocq, le directeur de la course moto, uniquement présent dans les spéciales à hauts risques. « Delta est là pour superviser l’ensemble des dispositifs mis en place sur une spéciale, comme la sécurité ou le ravitaillement, explique Lavigne. On suit aussi la tête de course. On a une acuité toute particulière pour la course moto. Avoir un médecin avec nous nous donne une capacité d’intervention supplémentaire. On est en mesure d’aider un concurrent qui aurait un problème. »

Quinze minutes seulement après son décollage, ce n’est pas un participant, pourtant, qu’Etienne Lavigne va secourir. Un manque conséquent de policiers chiliens sur une portion passagère de l’étape du jour, disputée entre Antofagasta et Iquique, oblige le directeur de course à faire la circulation pour les premières motos, celles notamment de Marc Coma et Cyril Despres. « Il faut être multi Tools, lâche sereinement Lavigne. C’est d’ailleurs l’intérêt de cet hélicoptère. Il peut intervenir pour plusieurs types de problèmes différents. » Autres que la circulation, s’entend.

« Sortir de son métier de base »

La veille, il avait déjà déposé Lavigne au cœur de l’étape du jour. L’intéressé n’avait pas hésité à tremper sa chemise dans la boue pour extirper les motards de leur bourbier. Mardi, l’homme fort du Dakar n’a pas eu besoin de se tâcher pour venir en aide à David Casteu, en grosses difficultés dans les dunes à 40 kilomètres de l’arrivée. A défaut de remettre lui-même le motard en selle (ce qui lui est formellement interdit, ndlr), le directeur de course incite le Français, alors 4e au général, à ne pas abandonner et à se faire tracter jusqu’à l’arrivée.

Patron, appui, psychologue, Lavigne multiplie les casquettes. Il n’est pas le seul. « On est amené à faire des choses un peu particulières, résume David Delgado » Comme, pour ce médecin, de délaisser compresses et bandes le temps de s’occuper du ravitaillement de « Delta. » « Il faut savoir toucher à tout, poursuit-il. Sortir de son métier de base. » Et se reposer aussi. Entre chaque point de contrôle, sur la banquette arrière de l’appareil. En fin de journée, aussi, lorsque la spéciale du jour touche à sa fin. Mais avant de rejoindre son bivouac, Etienne Lavigne, lui, doit encore rejoindre le PC course pour débriefer la journée écoulée. Un vrai quotidien de couteau-suisse.