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Le Dakar, une histoire de familles

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L’édition 2012 du rallye raid accueille deux duos père-fils. Une aventure familiale et humaine à double tranchant, tant la mythique épreuve peut resserrer les liens, mais également créer des tensions...

Prendre le volant aux côtés de son père, certains sont allergiques à l’idée. D’autres beaucoup moins, et poussent même l’envie jusqu’à prendre part au rallye-raid le plus difficile au monde. Comme chaque année, le Dakar 2012 voit des concurrents de la même famille prendre le départ. C’est par exemple le cas de Pierre et Frédéric Thueil, père et fils qui partagent l’habitacle de leur Toyota Land Cruiser numéro 439. Un duo imaginé dès l’enfance par Frédéric. « C’est un rêve d’enfant que j’avais, avoue l’homme de 36 ans, qui officie en tant que pilote. Lorsque je regardais le Dakar à la télé, je me suis toujours vu le faire un jour avec mon père. Dans les moments durs, on saura se réconforter. »

Si les deux hommes partagent quasiment tout leur temps ensemble à la tête de l’entreprise familiale de bâtiment, disputer une telle aventure côte à côte peut toutefois générer quelques tensions. Ce que ne redoute pas Pierre, le chef de famille, qui a toutefois été difficile à convaincre. « Cela fait partie des choses qui resserrent les liens, avoue-t-il. On est très complémentaires. » Si l’ambiance ne devrait donc pas se dégrader au fil des kilomètres parcourus, un problème pourrait toutefois finir par se poser pour les deux Béarnais : leurs énormes lacunes en mécanique. « On n’aime pas ça. Les clés, ce n’est pas pour nous. Ce n’est pas risqué. Si on a un problème autre qu’une crevaison, on attendra l’assistance », lance Frédéric avec le sourire.

J-C Basso à propos de son fils : « Je ne pense pas qu’il va m’écouter »

Autre duo père-fils à participer au Dakar 2012, Jean-Claude et Ronald Basso. Grands amateurs de sports automobiles, les deux hommes ont déjà participé à un Dakar dans la même voiture, terminant à une très belle 37e place en 2010. Cette année, le « fiston » doit toutefois attendre d’arriver au bivouac pour voir son père, qui officie dans l’assistance. « On a fait un premier Dakar ensemble. C’était une très belle expérience », explique Ronald. Jean-Claude, le père, passe donc une grande partie de son temps à patienter, chose qu’il redoute. « Je n’ai pas la pression de la course mais celle du gamin, avouait-il avant le grand départ. Les attentes pour savoir s’il est arrivé ou pas vont être un peu longues. J’espère qu’il va rouler comme je vais lui dire. Mais je ne pense pas qu’il va m’écouter ! » Le Dakar, ou une manière comme une autre de s’émanciper de l’autorité paternelle.